‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 40 sur 118 · Albert quitte l'archevêché de Ratisbonne · texte numérisé non relu

Albert quitte l'archevêché de Ratisbonne

Quand, deux années plus tard, Alexandre I\' fut mort et que Tordre eut été complètement rétabli dans l'Eglise et le diocèse de Ratisbonne, Albert, persuadé que sa tâche se trouvait accomplie, demanda instamment à être relevé de sa charge. Il se peut que les difficultés qu'avait ren- .contrées levêque réformateur, et que les ennemis que son zèle lui avait nécessairement créés, ne furent pas étrangers à sa détermination. Néanmoins nous constatons que ce qui l'a le plus disposé à la retraite, c'est son amour pour la science et aussi son attachement à cette vie de cellule de laquelle il avait vécu pendant quarante années. Le pape Urbain IV, après avoir refusé son consentement à cette démission, finit par l'accorder. « II eut égard, » comme rapporte un contemporain, « à la réputation de science d'un homme qu^ se serait infailliblement perdu sous le bruit des armes d'une administration diocésaine allemande. »

Albert quitta Ratisbonne en avril 1262, et retourna à Cologne, où la population le reçut avec le plus vif enthousiasme. Il ne put y jouir longtemps de ce repos vers lequel il aspirait : car, jusqu'en 1267, nous le rencontrons dans diverses villes de la Franconie et de la Bavière, notamment à Wurtzbourg, où il remplit à différentes reprises les fonctions d'un justicier de paix. 11 prêcha aussi en Bohême, où on le surnomma « le prédicateur de la Croix » .

On peut l'avoir ainsi qualifié, parce qu'il exhortait partout et toujours le peuple à la pénitence par l'amour des souffrances du Sauveur mais il est peu probable qu'il doive ce nom, comme le prétendent certains biographes, à des efforts qu'il aurait faits pour provoquer une nouvelle croisade. Il est en effet difficile d'admettre qu'un vieillard de soixante-dix-sept ans ait parcouru à pied toute l'Allemagne, se rendant de ville en ville, pour appeler les peuples à prendre la croix contre les infidèles. Quoi qu'il en soit, nous le retrouvons de rechef à Cologne, dans sa cellule, en 1268. Il s'y occupa de questions théologiques et se livra à la contemplation. Il fut enencore fréquemment appelé sur les bords du

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Uhiu inlorieiir et supérieur pour consacrer des éijrlises ou faire, au nom de l'archevêque de Coloirno, d'autiTs fonctions épiscopalcs. Plusieurs veulent aussi qu'il assista, en i'274, au concile locuménique de Lyon; mais, comme les historiens de ce concile n'en font aucune mention, nous incHnons à croire qu'il n'y a pas été.

On rapporte encore un autre fait historiquement douteux. Le voici :

On sait que Thomas d'Aquin mourut en 1274, en se rendant de Lyon en Italie, et qu'après sa mort la jalousie des diverses écoles suscita des dissensions qui contribuèrent, pour une grande part, à la destruction de la philosophie du moyen âge. Plusieurs universités attaquèrent même violemment la Somme théologique du grand docteur de l'Eglise et déclarèrent hérétiques un certain nombre de ses propositions.

En apprenant ces attaques, Albert, malgré son grand âge, se serait rendu à Paris et y aurait pris, au milieu d'une assemblée de savants, la défense de l'honneur et de la doctrine de son disciple.

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