Mort d'Albert le Grand
A peu près deux années avant sa mort, il perdit la mémoire et fut obligé de s'abstenir d'étudier et d'enseigner. C'est à ce moment de sa vie que viennent s'attacher une quantité de fables et de légendes qui s'accordent toutes à dire qu'Albert était naturellement peu doué d'intelligence, et que ce n'avait été qu'à la suite de ferventes prières qu'il aurait obtenu, par l'entremise de la sainte Vierge, des lumières surnaturelles au moyen desquelles il serait devenu ce grand sa van t que nous admirons ; mais qu'il aurait aussi été prévenu qu'il perdrait toute science humaine avant de mourir, afin que la mort le retrouvât dans sa foi de l'enfance.
Quoi qu'il en soit, Albert ne s'occupa, durant ces deux années, qu'à se préparer à la mort. Quand un jour l'archevêque Siegfried vint le visiter, et que, frappant à la porte de sa cellule, il demanda : « Albert, êtes-vous là ? — une voix lui répondit de l'intérieur : « Albert n'est plus là ; il y a été. )>
NATURALISTE KT PHYSICIEN î)9
11 mourut le 15 novembre 1280, âgé de quatrevingt-sept ans, et fut enterré dans le chœur de réglise des dominicains, qu'on prétend qu'il a construit.
Ses restes se trouvent actuellement dans l'église paroissiale de Saint-André de Cologne. Il tut, dès sa mort, honoré par le peuple comme un saint. Ce n'est qu'au xyli" siècle que l'on introduisit le procès de sa canonisation. Il a été béatifié, mais là S'est arrêté le procès. Probablement qu'il n'y avait pas de raisons suffisantes jusqu'ici pour le pousser plus loin. Fiesole, son frère en religion, a reproduit ses traits dans une pdnture qui se trouve en l'église Saint-Marc , à Florence.