‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 43 sur 118 · NATURALISTE ET PHYSICIEN · texte numérisé non relu

NATURALISTE ET PHYSICIEN

livrer à des études qui exigeaient toute son attention, toute son application ?

A cette triple question, il n'y a, selon nous, qu'une seule réponse ; et elle se trouve dans l'unité de vues qui animait la science du moyen âge. Albert n'a eu nul besoin de conquérir d'abord le terrain sur lequel devait se produire l'évolution de sa pensée ; il n'a pas eu davantage besoin, po\u* conserver ce terrain, de dépenser la puissance de son intelligence à repousser autour de lui des attaques ennemies. Les hommes au milieu desquels il vivait, les institutions dans lesquelles il agissait, nous pouvons dire l'atmosphère dans laquelle il respirait, tout était régi, conduit par le même esprit. Il n'y eut pas lutte relativement à ce qui devait rester debout comme dernier terme et dans toutes les sphères, religieuse, civile, sociale et scientifique ; on ne discutait que sur ce que chacun devait produire pour réaliser l'idéal commun et universellement adopté. Il n'y avait alors qu'une Eglise, qu'un Empire, quoique l'Église et l'Empire ne répondissent pas toujours dans leur réalité concrète à l'idée abstraite ; il n'y avait aussi qu'une science, l'application du système aristotélique au dogme catholique. Et quand

il s'agissait de combattre les ennemis du christianisme, les infidèles et les hérétiques, on ne luttait pas sous l'impression d'un danger menaçant, mais comme du haut d'une citadelle imprenable et avec le sentiment certain de la victoire.

C'est de cette unité de principes et de vues que sont sorties les grandes œuvres du moyen âge ; c'est en elle que les plus grands esprits de cette époque puisèrent la force productrice qui les caractérise.

--Jo^>-

ET

îO\ INFLUENCE SUR SON SIECLE

ÉTAT DE L'ÉGLISE AU COMMENCEMENT DU Xlir SIÈCLE

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