‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 5 sur 118 · ICor.,u · texte numérisé non relu

ICor.,u

Ll'TTHE ENCYCLIQUl]

de la vertu toute-puissante et du secours de Dieu (|uo nous devons attendre le réveil des esprits, arrachés enlin aux ténèbres de l'erreur. Mais nous ne devons ni mépriser ni négliger les secours naturels mis à la portée des hommes par un bienfait de la divine sagesse, laquelle dispose tout avec force et suavité,- et de tous ces secours, le plus puissant sans contredit est Fusage bien réglé de la philosophie. Ce n'est pas vainement que Dieu a fait luire dans l'esprit humain la lumière de la raison: et tant s'en faut que la lumière surajoutée de la foi éteigne ou amortisse la vigueur de Fintelligence : car, tout an contraire, elle la perfectionne, et, en Faugmentant, l'élève à un plus sul^lime objet. — Il est donc tout à fait dans l'ordre de la divine Providence que,, pour rappeler les peuples à la foi et au salut, on recherche aussi le concours de la science humaine : procédé ingénieux et louable, dont les Pères de FEghse Les plus illillres ont fait un usage fréquent, ainsi qm l'attestent les monuments de Fantiquité. Ce>s mêmes Pères, en effet, assignèrent communément à la raison un rôle non moins actif qu'important, que saint Augustin résume tout entier on deux mots, lorsqu'il attribue à la science

humaine ce par quoi la foi salutaire estengen-' drée, nourrie ^ défendue, fortifiée *.

Et tout d'abord, la philosophie, entendue dans son vrai sens, a la vertu d'aplanir et de raffermir en quelque sorte le chemin qui mène à la foi véritable, en disposant convenablement l'esprit de ses disciples à accepter la révélation : c'est pourquoi les anciens, non sans raison, l'appelaient tantôt une institution préparatoire à la foi chrétienne % tantôt le prélude et l'auxi^ liaire du christianisme ^, tantôt le préparateur à la doctrine de VÉvangile "".

Et en effet, dans l'ordre des choses divines, Dieu très bon nous a manifesté par la lumière de la foi, non seulement ces vérités que l'intelligence humaine ne peut atteindre par elle-même, mais encore beaucoup d'autres qui ne surpassent pas absolument la raison, mais qui, sanctionnées ainsi par l'autorité divine, deviennent accessibles à tous sans aucun mélange d'erreur. De là vient que les philosophes païens eux-mêmes, au seul flambeau de la raison naturelle, ont connu, dé-

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