‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 4 sur 118 · Coloss, II · texte numérisé non relu

Coloss, II

leur office ne les dispensait pas de pousser de toutes leurs forces au progrès des sciences véritables, il les obligeait en même temps de pourvoir avec une singulière vigilance à ce que renseignement de toutes les sciences humaines fût donné partout selon les règles de la foi catholique, mais surtout celui de la philosophie, de laquelle dépend en grande partie la juste notion des autres sciences. Nous-même avions déjà touché ce point entre plusieurs autres. Vénérables PYères, dans la première Lettre encyclique que Nous vous adressâmes ; mais aujourdhui Timportance du sujet et la gravité des circonstances Nous engagent à traiter de nouveau avec vous de la nature d'un enseignement philosophique qui respecte en même temps et les règles de la foi et la dignité des sciences humaines.

Si l'on fait attention aux conditions critiques du temps où nous vivons, si Ton embrasse par la pensée l'état des choses tant publiques que privées, on découvrira sans peine que la cause des maux qui nous oppriment, comme de ceux qui nous menacent, consiste en ceci, que des opinions erronées sur toutes les choses divines et humaines, des écoles des philosophes, d*où jadis elles sorti-

rent, se sont peu à peu glissées dans tous les rangs de la société, et sont arrivées à se faire accepter d'un grand nombre d'esprits. Comme en effet il est naturel à l'homme de prendre pour guide de ses actes sa propre raison, il arrive que les défaillances de l'esprit entraînent facilement celles de la volonté ; et c'est ainsi que la fausseté des opinions, lesquelles ont leur siège dans l'intelligence, influe sur les actions humaines en les dépravant. Au contraire, si l'intelligence est saine et fermement appuyée sur des principes solides et vrais, elle sera la source de nombreux avantages tant pour l'intérêt public que pour l'intérêt privé.

Non pas certes que Nous accordions à la philosophie humaine tant de force et d'autorité, que Nous la jugions capable par elle seule de repousser ou de détruire absolument toutes les. erreurs. De même en effet que, lors du premier établissement de la religion chrétienne, ce fut l'admirable lumière de la foi, répandue non parlespsLrôles persuEisives de Vhumaine sagesse, mais par la manifestation de l'esprit et de la force S qui reconstitua le monde dans sa dignité première : de même, dans les temps présents, c'est avant tout

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