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pou clirétien de vouloir traiter rintclligencc des f-aiutes Écritures, qui était cependant placée entre des bornes si solides, selon les principes d'une \aine science humaine. « Cela s'appelle faire descendre la tète jusqu'aux parties inférieures du corps et forcer la reine à remplir le rôle d'une servante ; cela s'appelle attribuer à la nature ce qui appartient à la grâce seule. Que ces maîtres, qui ne servent à leurs disciples que des feuilles desséchées au lieu de fruits, réfléchissent et sachent que la foi, lorsqu'on veut la démontrer par la raison naturelle autrement qu'il ne convient, devient vide et inutile. Fasse le Ciel que la grâce ne soit pas à leurs yeux, comme elle paraît l'être, mise au ban et dépouillée de ses joyaux pour être revêtue des lambeaux rapiécés de la philosophie ! Plaise à Dieu que les vaches maigres, qui apparemment n'ont jamais été rassassiées, ne dévorent pas les vaches grasses! «Mais afin que ces doctrines insensées, qui, semblables à un chancre s'étendant toujours plus loin, soient enrayées une fois pour toutes, il ordonne expressément à ces docteurs, en vertu de son autorité apostolique , de quitter ces voies de perdition pour rentrer aussitôt dans le droit chemin»
Tout cela cependant fut inutile. Dix années plus tard, F évêque Guillaume de Paris condamna encore dix propositions de l'espèce la plus dangereuse.
Dans la même année 1240, le mineur Guillaume, plus tard évêque de Constance, fut obligé de retirer une proposition qu'il avait publiquement exposée, à savoir que celui qui est damné n'a jamais été en état de grâce. Trente années après, en 1270, l'évêque de Paris, Etienne, se vit de rechef dans la nécessité de condamner treize nouvelles propositions extrêmement mauvaises. Malgré toutes ces mesures, le mal n'était cependant pas extirpé. Enfin, le pape. Jean XXI frappa le dernier coup et avec une sévérité digne de tous les éloges : il condamna en 1277, en une seule fois, deux cent vingt-deux propositions téméraires et impies. Il arracha ainsi, dit saint Thomas, l'ivraie qui depuis longtemps avait pris racine dans l'université de Paris. C'est un grand mérite pour Albert le Grand et Thomas d'Aquin, d'avoir contribué par leur zèle et leur science à éclairer le Saint«Siège et à purifier une école qui, à cette époque déjà, avait une réputation européenne. Les mesures multipliées que l'on a dû
ÉTAT DE l'Église \'M
pivndre pour arriver à ce résultat et Ténergie quMl a fallu y mettre, montrent sufiisammcnt jusqu'à quel point le mal était invétéré.
Si donc les erreurs dont souffre l'époque où nous vivons sont grandes et aflligeantes, ne désespérons pas. L'époque qui précéda l'apparition de saint Thomas ne fut ni moins malade ni moins troublée que la nôtre. Et lorsque de nos jours nous sommes saisis d'horreur de voir ces divagations intellectuelles étendre leurs plus funestes conséquences sur la vie individuelle et sociale, les contemporains de l'illustre maître du xiii^ siècle ne furent pas moins effrayés de voir s'effondrer devant eux tout l'édifice que l'esprit chrétien avait élevé sur les ruines de la barbarie.
Aussi personne ne sera étonné de voir, même au sein [de l'Eglise, ces principes dangereux représentés et soutenus^ d'y trouver une frivolité, une légèreté qui frisent de près Fincrédulité. On peut dire de tout l'ordre de la chevalerie, écrit Pierre de Blois, que ce celui qui sait le mieux profaner ses lèvres par les plus affreux blasphèmes, qui sait le mieux jurer, qui craint Dieu le moins, qui méprise ses ministres le plus, qui
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insulte l'Église davantage, celui-là y est considéré comme le plus courageux \ )>