I.i: DOCTEUR ANr.KT.IQlM
et fol cMi lui tous les rayons que la gTâce de Dieu avait lait descendre sur l'Eglise par les saints Pères et les autres grands hommes du christianisme, et de son génie il les répandit sur l'humanité comme les flammes d'un immense brasier.
Il y eut un temps, et il dure peut-être encore, où l'on prétendait, même parmi les catholiques, que la scolastique était une méthode qui consistait essentiellement à s'éloigner, sans aucun égard de la Tradition, des premiers siècles, à ne présenter que ses propres vues sous une forme plus ou moins artistique mais répugnante, à se passer autant que possible de la sainte Ecriture, à ne faire aucun usage des écrits des Pères, afin de pouvoir se livrer à des spéculations gigantesques mais étranges. Cette manière d'apprécier la scolastique est absolument fausse.
Un des plus célèbres théologiens du xvi® siècle, qui avait d'abord essayé d'exposer systématiquement les fondements et la méthode de la science théologique, tel que l'avait fait depuis plusieurs siècles la scolastique, Melchior Cano dit que la première loi que le théologien a à suivre avant toutes les autres, c'est de chercher à acquérir
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et à posséder parfaitement toutes les autorité' s et toutes les preuves. Ces autorités et ces preuves doivent être coordonnées et claires dans son esprit ; il doit en un mot en avoir une connaissance parfaite et méthodique : ce qui, d'après Cano, demande du temps et un travail soutenu. En effet, ce n'est pas peu de chose de lire et de saisir toute l'Ecriture sainte, de connaître les décisions des conciles et des souverains pontifes e les passages des Pères relatifs aux dogmes. Et quand on lui objecta que personne au monde ne peut avoir la prétention de savoir toutes ces choses et de les garder dans la mémoire, il répondit avec un fier sang-froid : « Pour moi, je ne c( veux blâmer aucun théologien de n'être pas « arrivé à la possession de ces connaissances ; « mais je le blâme, ne les possédant pas, de s'arc( roger le nom et la qualité de théologien ^ »
En vérité, si l'on n'est en droit de s'appeler théologien qu'autant que l'on possède les connaissances que réclame Melchior Cano, il y a un grand nombre d'hommes qui l'ont porté et le portent encore sans y être autorisé. Cependant jugé à cette mesure, le Docteur angélique est