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indicateur sonnnairc ([lie nous trouTons joint aux anciennes éditions, nous dit que saint Thomas mentionne cent-soixante noms d'auteurs et de conciles sur lesquels il s'appuie dans cette œuvre colossale. Dans ce nombre il y en a quarantehuit d'écrivains, de philosophes, d'historiens et de poètes qui n'étaient pas chrétiens, et cinquante de Pères, témoignage éclatant d'une vaste érudition, qu'on ne pourrait pas rendre d'un théologien des temps modernes, en possession pourtant de ressources autrement grandes et nombreuses que celles dont disposait le Docteur angélique.
Il ne faut pas croire cependant que Thomas d'Aquin ait pris ses citations dans des covipendùu>i ou des recueils, où il les aurait trouvées réunies, pour les appliquer ensuite à sa convenance. Il y avait peut-être de son temps quelques collections de matériaux propres à la prédication, une sorte de littérature de la chaire, à laquelle travaillaient précisément les dominicains, pour faciliter la composition des sermons ; mais on ne trouvait pas encore ces recueils connus plus tard sous les noms d'ÀLPHABETUM ou de Distinctiones, qui furent rédigés postérieurement et qui étaient moins utiles à l'étude de la théologie qu'à l'art
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oratoire. Voilà pourquoi saint Thomas en était réduit à son propre zèle, à sa propre étude, à son travail personnel. Qu'on juge de là des efforts qu'il a dû faire, des recherches qu'il a dû entreprendre pour atteindre un aussi prodigieux résultat dans la connaissance des autorités doctrinales et scientifiques de l'Église !
Jeune encore, alors qu'il se rendait avec le général de son ordre, Jean le Teuton, à Paris pour y étudier, il donna une preuve éclatante de son amour pour la science sacrée. Arrivés devant la merveilleuse capitale de la France, Jean dit à son jeune compagnon de route : « Que donneriez- vous, Thomas, pour être le roi de cette capitale ? » — « Je préférerais », répondit-il^ « l'explication de saint Jean Chrysostome sur l'Evangile de saint Matthieu à la ville de Paris. » Ce sentiment prédomina en lui durant toute sa vie. On ne sait vraiment ce qui est le plus admirable en lui, ou de son zèle à colliger au milieu de tant de difficultés, ou de la supériorité qu'il montre dans l'emploi de ce qu'il a recueilli, ou de l'originalité avec laquelle il le manie, le travaille, sans pourtant lui imprimer le cachet de sa personnalité K