Vaughan, II, 531, seq
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Ce que nous venons (.roxposer prouve aussi combien il est taux de prétendre qu'au temps de saint Thomas il n'y avait point d'exactitude critique. Personne n'ignore combien il était mécontent des traductions d'Aristote dont on se servait alors. Or, atiu de nvtvc pas trompé sur le texte original, il en lit faire une nouvelle traduction du grec et s'en servit pour démontrer l'obscurité et Tinexactitude des traductions en usage *.
Il est également à remarquer que saint Thomas n'a pas seulement utilisé les Pères latins, mais qu'il s'est particulièrement servi des Pères grecs. Parmi les latins, il a parfaitement connu saint Augustin, dont il s'est même approprié l'esprit, ^larchant sur les traces du grand évêque d'Hippone, il a, pour parler avec le pape Urbain V, « rempli d'une manière parfaite l'Eglise de science et de doctrine ^ » Il a reproduit et expliqué ce modèle avec une fidélité telle ^, que plus tard les vrais connaisseurs des écrits de saint Augus-
1. Vaughw. II, 700. — WiiRNER I. 407. De Rubeis admon. prrevia in éd. Venet., XVI, p. xni.
2. Balle relative à la translation des reliques de saint Th.jmas.
3. Salmanticbxses, tom. Y, de Gracia, tract. XIV, disp. I, cap. vri, § 2.
178 SAINT THOMAS D'aQUIN
tin, comme les cardinaux Noris et Aguirre, disaient que pour aller à saint Augustin il n'y avait de voie que par saint Thomas, qui, avec sa merveilleuse clarté d'esprit, illuminait tout ce qu'il y a d'obscur et de difficile dans son maître ; ils disaient encore qu'ils en avaient fait souvent l'expérience. Mais , bien que ces deux génies soient si rapprochés l'un de l'autre, bien que saint Thomas se soit pénétré de saint Augustin et l'ait fait parler par sa plume, on ne peut pas dire qu'il en soit réellement le disciple. Moins original que l'évêque d'Hippone, mais aussi personnel que lui, saint Thomas est devenu un maître qui ne ressemble pas plus à saint Augustin que celui-ci n'a ressemblé à aucun autre docteur. Ce que saint Augustin à bâti, saint Thomas l'a embelli et l'a achevé dans sa perfection. Nul autre ne sera jamais leur émule.
LE DOCTEUR ANfiÉLIQUE 179