‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 99 sur 118 · Sa chasteté, source de privilèges célestes · texte numérisé non relu

Sa chasteté, source de privilèges célestes

Nul autre que lui n'est resté plus attaché aux saintes Écritures et à la Tradition. On ne Ta jamais vu entraîné par ce désir de la nouveauté qui est

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le principe de toutes les erreurs et do toutes les hérésies, ni par cette légèreté qui porto un si grand nombre à croire, comme dit fort bien Cassiodoro, cjuils l'ont déjà une grande action quand ils peuvent dire quelque chose contre les traditions de l'antiquité, et qu'ils sont des savants pour dire une sottise. Saint Thomas n'enseignait que ce qu'il avait reçu.

Son àme innocente et chaste ne recueillit jamais un mot qui ne fût tombé des lèvres divines et confié à rÉcriture sainte ou à la Tradition. C'est pourquoi, dit Cajétan quelque part, il a eu rintelligcnce de tous les saints docteurs, parce qu'il les a tous profondément vénérés.

« La sagesse ne se répand que dans une âme « sainte. Elle n'entre jamais dans une âme mal « disposée et ne demeure point dans un corps <t soumis au péché \ »

D'après ces paroles des livres saints, qui a été, }>armi tous les docteurs, plus que saint Thomas d'Aquin susceptible de recevoir la sagesse? Fuyant le péché sous toutes les formes, chaste d'esprit et de corps, pieux d'une j)iété angélique, il était vraiment digne d'être un temple de la [sagesse

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divine. Il était un modèle de toutes les vertus,, dit Clément VI [^). « Les membres de son corps « étaient chacun comme un miroir où resplendis- « sait une vertu : dans ses yeux brillait la sima plicité et dans sa face la douceur ; ses mains « étaient pleines de bonté et son contact plein de « probité. Sa démarche respirait la dignité, sa « tenue le respect, son intelligence la clarté, « ses sens la sainteté et son cœur la charité.»

« Jamais, dit le Bréviaire romain, il ne se met- « tait à lire ou à écrire sans avoir préalablement V prié. Quand il rencontrait des passages diffi- « ciles dans l'Ecriture sainte, il joignait lejeûne « à la prière. Il disait souvent à son frère Régi- « nald qu'il ne devait pas autant à l'étude et « au travail ce qu'il savait qu'ri l'inspiration « divine. »

Ses confrères Vincent Ferrier et Antonin racontent que Jules III et Clément VIII ont solennellement déclaré qu'en composant ses œuvres, il avait constamment à ses côtés les saints apôtres Pierre et Paul, qui, sur l'ordre de Dieu,

1. Nous trouvons ces témoignages des papes, des universités, etc., dans Touron et Vaughan, puis encore dans Bancel {Moralis D, Thomas, I, prsef), dans Gonet et les Salmanti-

GENSES.

lui ox})liquaîcnt les endroits obscurs des Écritures; que la sainte Vierge elle-même lui était apparue etravcit rassuré aussi bien sur l'innocence de sa vie que sur la pureté do sa doctrine ^ , . La bulle de sa canonisation dit en peu de mots qu'il n'a pas écrit ses œuvres nombreuses sans une inspiration particulière de Dieu.

Après cela, peut-il y avoir, si nous exceptons les canonistes, un docteur dans la doctrine duquel on puisse avoir plus de confiance et dont l'enseignement soit une garantie plus certaine contre Terreur? Il ne suit pas de là que nous invoquions pour lui le privilège de l'infaillibilité, que Dieu, en dehors des écrivains sacrés, n'a accordé à personne, renvoyant tous en général et chacun en particulier à celui qui dans l'Église est le suprême magistère et la règle de la foi, et tient en ses mains le pouvoir d'enseigner, de contrôler et de juger tous les docteurs. Saint Thomas pouvait errer comme tout autre qui n'a pas reçu de Dieu une promesse spéciale d'infaillibilité. Mais, par une grâce propre de Dieu, il n'a pas erré défait; et c'est là un privilège dont ne peut se vanter aucun théologien depuis le premier siècle jusqu'à nos*

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