DB LA SITUATION UALAISÈB DB LA PAPADT
Que si nous pénétrons dans le vif des événements, que voyons-nous? Le pape Lucius III s'enfuit de Rome, poursuivi par son peuple en pleine révolte (1183). Ou pille ses terres ; on brûle ses fermes ; on l'a insulté en face. Pour comble de misère, c'est de l'Allemagne, des Hohenstaufen que lui vient le secours, si l'on peut nommer toutefois ainsi l'abaissement devant l'empereur s'imposant comme une nécessité après les humiliatioas subies à Borne. L'archevêque de Mayence, chancelier de Frédéric Barberousse, accourt protéger le pape contre ses sujets avec une lourde armée teutonne. L'archevêque menace d'écraser les rebelles, mais la sainteté de
l'entreprise ne saurait décidément prévaloir contre la malignité du climat *. A peine arrivé devant Tusculum , voilà que le chancelier de Frédéric se couche, tremblant la fièvre, se soulève péniblement sur son séant lorsque le pape approche de son lit et expire après sa visite. Venu tout exprès pour apporter au souverain pontife la paix dans ce monde, le chancelier n'emporte dans l'autre que l'absolution du pape, du pape qu'il venait sauver. Sur ces entrefaites , les Allemands se dispersent, les Romains célèbrent leur facile victoire, et, n'ayant plus rien à craindre, deviennent plus insolents que jamais. Réduit aux derniers expédients, Lucius III adresse alors ses doléances à la cour, aux abbés d'Angleterre, et, par ses légats, envoie de l'autre côté du détroit demander de l'or et de l'argent. Ici se passe une scène assez significative. Surpris, comme on l'est toujours, par la moins rare des demandes, les abbés d'Angleterre froncent le sourcil, donnent à entendre qu'ils ont besoin de réfléchir et en appellent au roi. Le roi rassemble les évêques. Ceux-ci, partagés entre leur devoir de catholiques et leur finesse normande stimulée par ce levain d'indépendance déjà sensible en Grande-Bretagne, adressent au roi ce discours : « Donnez, seigneur, donnez, comme vous le jugerez à propos, tant pour nous qu'en votre nom. Nous aimons mieux vous rendre, si vous le voulez, ce que vous aurez déboursé, que de souffrir que le pape envoie ses nonces en Angleterre lever sur nous un subside, — ce qui pourrait
1. «L'Allemagne, du sein des nuages, répandait une pluie de fer sur ritalie. Rome se défendait par son climat. » — Cornel. Zanfliet.
Homa feraz febrium, necis est uberrima fragum. RomansB febres stabili sunt jure fidèles.
V. Pierre Damien, ap. Michelet, t. II, Hist. de France, p. 415.
4PPESDICE.
• Pour abolir les dJversi's liéré^ies qui ont comraencé ii pulluler de notre temps duns la plupart des lieux, ta rigueur des ecclésiasliques doit se réveiller, vu principalement qu'elle se trouve appuyée de la puissance impériale. C'est pourquoi, en la présence do notre cher Dis, l'empereur Frédéric, de l'avi-t de nos frères les cardinaux, des patriarches, archevêques el évêques, et de beaucoup de princes assemblés de diverses partiesdumonde, nouscoDdamnons, de l'autoritéaposlolique et par la présente constitulien, lou! lérétiques, quelque nom qu'ils portent... El, parce que la sévi II 1 :|ue est quelquerois méprisée de
4 vertus, nous ordonnons que nvaincus des erreurs susdites, Li, s 11 dépouillés de tout ordre el pu mce séculîÈre, pour recevoir la ..'"■' lie le coupable, sitôt qu'il sera I "' -s mains de l'évèque du lieu. Il
el era puni par le ju^e séculier, 1 ijui -ont seulement trouvés suspects 1 ne I uvent leur innocence par une s I ^ui retomberont après l'abjura-
au jugement séculier sans être is __j clercs condamnés seront appliglises qu'ils servaient. Cette excommunication contre tous les hérétiques sera renouvelée par Ions les évoques aux grandes solennités...
I Nous ordonnons en plus, par le conseil des évèques, sur la remontrance de l'empereur el des seigneurs de sa cour, que chaque évëque visitera une ou deux fois l'année, par lui-même, par son archidiacre ou par d'autres personnes capables, les lieux de son diocèse où le bruit commun sera que les hérétiques demeurent; et il fera jurer trois ou quatre bonumes de bonne réputation, e( même, s'il le juge <i propos, tout le voisinage, que, s'ils apprennent qu'il y ait là des hérétiques ou des gens qui tiennent des conveniicules secrets, ou qui mènent une vie différente de ceux des fidèles, ils les dénonceront à l'évèque ou à l'archidiacre.
Nous ordonnons de plus que les comtes, les barons, les recteurs et les consuls des villes el des autres lieux , prometteni par germent, suivant la monition des évèques, d'aider efflcacemeni l'Ëglise en tout ce que dessus, contre les hérétiques et les com-
ceux qui n'en enneiii
ceux qui seroni. uiaiii Peste ment s'ils son es ou religieui, s
sera de même ou il ne fait aliiuratioi.
eront pun le mèm
écoulés davantage, qués, SL'Ion tes lois,
plices , quand ils en seront requis , et ils s'appliqueront de bonne foi à exécuter, selon leur pouvoir, ce que l'Église et l'Empire auront statué en cette matière ; sinon ils seront dépouillés de leur charge et ne seront admis à aucune autre, outre qu'ils seront excommuniés et leurs terres mises en interdit. La ville qui résistera à ce décret, ou qui , avertie par l'évêque, négligera de punir les contrevenants, sera privée du commerce des autres villes et perdra la dignité épiscopale. Tous les fauteurs d'hérésies seront notés d'infamie perpétuelle, et, comme tels , exclus d'être avocats et témoins, et des autres fonctions publiques ^. »