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V. Pétrarque, par M. Mézières

à ce propos. Il ne nous sied point de douter que les exemples et les discours de frère Henri n'aient, à la longue, porté leurs fruits, et qu'un siècle après sa mort, après un siècle d'efforts, le peuple de Cologne n'ait fini par se défaire de ses mauvaises façons. Au demeurant, l'impression générale de l'illustre voyageur sur la ville, son animation et son opulent aspect — quelle industrieuse et imposante cité! — paraît juste : l'impression dut être la même, lorsque, s'aventurant en ces lieux bien avant lui, Albert entra dans Cologne. Cologne prit peut-être, en effet, plus d'importance encore au moyen âge qu'elle n'en garde aujourd'hui. Tant de mouvement ne saurait s'expliquer que par l'activité de son négoce et l'étendue de ses transactions avec le pays d'Utrecht et les côtes de la Baltique, car, en dépit de sa situation heureuse et du fleuve qui la traverse, Cologne, vers 1230, manquait assurément de ce bel air^ de ces élégances et de ces appas qui attirent ou retiennent les étrangers. Sa cathédrale, chef-d'œuvre inachevé, dont une légende attribue, par parenthèse, le dessin et le plan au docteur universel, n'est point encore sortie de terre à l'heure matinale à laquelle nous passons avec Albert de l'autre côté du Rhin. Ce ne fut qu'en 1248 que l'archevêque Conrad de Hochstraden, faisant une sorte de pieux emploi, sur ses vieux jours, des trésors, produit de ses

rapines, jeta les premières assises du monument dont la magnificence devait l'absoudre de l'avoir entrepris. Ce fastueux prélat n'aurait-il point prévu, non sans finesse, que la postérité ne se souviendrait plus de ses crimes en admirant ce qu'ils lui ont valu, une merveille, et que, sur les carreaux pourpres des rosaces, nul fidèle n'irait chercher la trace du sang répandu? Qu'on ne s'attende point non plus à surprendre au berceau l'université de Cologne, et pour cause : nous arrivons trop tôt en vérité. Albert va fonder l'école ; l'université n'existe point; elle ne sera créée que le 21 mai de l'an de grâce 1358, par bulle expresse d'Urbain VI, qui lui accordera les mêmes franchises et privilèges qu'à l'université de Paris ^

I. Consulter Bianco, Die aile Universilàt Kôln, p. 75. — L'Allemagne n'ayant possédé en propre aucune université nationale avant la seconde moitié du xiv' siècle, de ce fait découle naturellement celui-ci : tous les Allemands s'en allaient étudier à Bologne 0 1 à Paris. ( V. Savigny, t. 111, Universitàlen.) N'est-il point digne de remarque qu'un pays actuellement à la tête de l'Europe pour tout ce qui touche à l'enseignement primaire et à l'enseignement supérieur se soit laissé distancer delà sorte par la France et l'Italie, pour prendre ensuite sa revanche et tenir le haut du pavé? Voici, du reste, en quels termes, en bon latin, appuie sur celte singularité Juste Lipse, le vieux savant : k hicredibile est quam inde in Germania pidlaverint scholœ et illa regio in qua Taciti etiam aetate litterarum sécréta viri pari ter ac feminse ignorabant, pêne pliires nunc Acadetnms habel quam reliqim Europa universa. )) — Justus Lipsius, Lovaniam, III, viii.

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Un peu barbare encore, ignorante et dénuée de toute ressource pour les artistes et les gens studieux, grossièrement bâtie, boueuse, irrégulière et sale, en revanche très-peuplée, très-remuante, très-influente, Cologne, lorsque Albert le Grand y mit les pieds , ne présentait donc d'autre intérêt qu'un intérêt commercial et politique. Mais en le dirigeant sur ce point, les chefs de l'Ordre, on le devine, n'avaient point agi à la légère; ils prétendaient justement mettre à profit la situation exceptionnelle d'une place qui commandait alors le nord de l'Europe. Du haut de ses remparts, baignés par un immense cours d'eau navigable, posté en vedette dans cette vieille colonie des Romains , un centurion de la milice dominicaine ne voyait-il point s'étendre à ses pieds la Frise, la Thuringe, la Saxe? Sa tente une fois plantée en ce lieu d'observation, ne pouvait-il former ensuite le hardi dessein de soumettre à ses aigles la Prusse idolâtre ou de la prendre à revers par la Pologne? Excellente tête de ligne^ s'il est toutefois permis de se servir d'une expression stratégique pour désigner le centre d'un vaste réseau d'opérations spirituelles, Cologne fut, selon toute apparence, dévolue à Albert avec la consigne d'employer ses talents au service de la cause du saint-siége, extrêmement compromise en Allemagne. On remarquera que notre héros, peu-

dant les dix ou douze années qu'il va présentement vivre in partibus infidelium, tout en tenant conseil à Cologne, y revenant à ses heures, et y ayant établi, à proprement parler, son quartier général, se permettant même d'y professer par instants, — c'est là que vint, en effet, chercher ses leçons saint Thomas, — notre héros n'y réside point cependant d'une façon régulière et fixe ; il ne se consacre que dans les rares intervalles de répit que lui laisse sa vie militante à l'explication des Sentences^ à des cours suivis de philosophie et de théologie. Qu'est-ce à dire, Maître subtil? La robe de bure dont vous vous êtes revêtu vous aurait-elle donc imposé ou facilité vingt transformations successives ? Où , comment vous surprendre et vous saisir? Vers quelles régions formidables nous conduisez -vous? N'êtes- vous point un peu le Prêtée du moyen âge? Tour à tour Bihlier et Sententieux, étudiant hier, aujourd'hui moine, demain orateur et légat, chargé de combattre la puissance impériale et de soutenir la papauté au sein même des provinces ébranlées, chemin faisant, naturaliste et philosophe, restituant plus tard les connaissances de l'antiquité à l'Europe, y ajoutant vos découvertes, si grand, enfin, qu'il a bien fallu qu'on vous soupçonnât de magie et que la persécution vous abreuvât de fiel sur le Golgotha de la science, ne

personnifiez -VOUS point, à travers vos mobilités sereines, l'esprit d'initiative constamment aux prises avec la matière, et la douleur et le génie se mêlant à tout pour imprimer leur impulsion à tout?

Le fait est qu'en ce moment le docteur universel accomplit évidemment une mission; Albert agit, il est vrai, mais il s'incline; le sçavant se retire à l'ombre et ne se révèle qu'à la dérobée. On dirait qu'il se résigne à ne paraître et à n'être en réalité que l'agent passif d'une autorité envahissante que pour conquérir pour l'avenir, et dans les hautes sphères de la liberté d'examen , le droit de ne plus se soumettre qu'à sa raison. Le sort en est jeté! Albert n'occupera définitivement et réellement la chaire, dans la métropole des bords du Rhin, que lors de son retour de son voyage en France, après ses succès à Paris, et quand il reviendra provincial de l'Ordre en Allemagne. Sic voluere fata. Jusque-là, il ne s'appartient guère : on Vemploie; son activité vagabonde le porte çà et là. Que dis-je? l'imagination se fatigue à le suivre à Hildesheim, à Strasbourg, à Fribourg-en- Brisgau, à Ratisbonne, des rives du Rhin aux bords du Danube, à l'est et à l'ouest, un peu partout ^

1. V. D»" Sighart, Alberlus Magnus , Sein Leben und seine Wissenscliaft.

Encore une fois, l'errant divulgateur d'Aristote accomplit évidemment une mission. Mais quels furent le caractère et le but de cette pérégrination obligatoire en Germanie? Quels hommes puissants mirent à Albert le bâton de pèlerin à la main, et glissèrent sous son habit des instructions secrètes? Hélas! qui ne l'a soupçonné tout de suite et prévu? Pour le coup, il conviendrait peut-être de suivre l'exemple du doux Pétrarque, et de se plonger comme lui dans les thermes d'Aix-la-Chapelle pour assouplir ses membres et se préparer prudemment au combat. — Ave, Cœsar ! Morituri te salutantî — Salut, Rome, la ville aux sept coHines, la ville sainte, la ville où trône la puissance de lier et de délier dans le ciel et sur la terre, salut ! — A ve, Cœsar ! — Entraîné presque de force aux abords de l'arène où ces cris retentissent, j'hésite, je recule, je détourne la tête, et toutefois j'écoute. Vous souvient -il de ce passage des Confessions de saint Augustin, dans lequel, parlant de son ami Alipius, il raconte ingénument ces troubles, ces hautle-cœur, ces frissons, cette insurmontable envie de voir couler le sang qu'éprouva le jeune homme, un jour de fête qu'on le poussa au cirque? Eh bien, j'en appelle au fils de Monique : un chrétien, au Golisée, n'a peut-être point connu toutes les angoisses, et à nous autres, chrétiens de ce temps-ci , une nouvelle

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et plus pénible émotion était réservée : à nous ce supplice d'assister immobiles à des jeux criminels dans les champs de l'histoire, au pied de la croix, au nom de la croix. N'importe, en avant! Nous tombons au milieu d'un des conflits les plus brûlants qui fussent jamais, si vif, que les torches n'en sont point encore tout à fait éteintes, la lutte entre l'absolutisme impérial représenté par Frédéric 11 et l'absolutisme théocratique incarné dans Grégoire IX.

Les considérations politiques n'ont jamais été le mobile supérieur et constant des évolutions des deux compagnies de Saint-François et de Saint-Dominique. On leur rendra même cette justice, ainsi qu'à la masse des associations religieuses, qu'elles n'ont guère connu, dans leurs commencements du moins, d'autre ambition que celle d'inspirer, de satisfaire ou de favoriser les goûts d'humilité et de simplicité de vie , de pieux détachement des affaires terrestres , l'amour des fortes études , les idées vagues de fraternité universelle, de soumission aux lois divines et humaines. Mais le plan d'une œuvre peut être excellent et composé de main de maître : inutile de rappeler que l'exécution représente une autre création de chaque instant, laquelle suppose l'intervention directe et passionnée de l'auteur, et, bien mieux, exige de sa part certaines facultés plastiques assez

indépendantes de la puissance originelle de concevoir et d'ordonner. Une des causes, selon nous , les plus riches en enseignements des déchéances intellectuelles et des afTaissements nnoraux inévitables auxquels ont été, sont et seront tôt ou tard exposées les compagnies créées par l'initiative individuelle et mises par leurs fondateurs à l'abri, c'est-à-dire à la merci de l'État, — or, pour toute congrégation chrétienne qui n'est point une secte et comme telle entachée d'hérésie , par conséquent séparée du tronc officiel, la protection de la cour romaine, n'est-ce point la tutelle de l'État? — une de ces causes doit être cherchée, pensons -nous, dans l'acte d'abandon des originalités de leur esprit qu'ont quelquefois sous-entendu, quelquefois sollicité, presque toujours humblement et solennellement formulé au pied du saint-siége les chefs et instituteurs d'Ordres au début essentiellement et purement spirituels. En se livrant ainsi corps et âme à un pouvoir à la fois spirituel et temporel, du côté de l'âme et de la perfection, que pense-t-on, en effet, qu'ils doivent y gagner? Assurément fort peu de bons conseils, d'assez fades leçons et d'assez tristes exemples. La tiare n'en remontre point à la couronne d'épines, et la pourpre n'a rien à enseigner à la bure. Un saint Dominique , un saint François , en fait de désintéressement et de vertu ,

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s'ils veulent progresser, n'ont qu'à se recueillir, sans présenter un placet et sans tomber à genoux devant un trône. Au point de vue de la conduite à tenir, des résultats à atteindre et de l'influence à exercer au milieu des gouvernements ou des événements auxquels le monde matériel est soumis, monde subalterne, éternel objet de convoitise et sujet de discussions et de disputes, vers quels funestes et humiliants compromis, à quels tristes et grossiers desseins ne vont point être aussitôt employées, en opposition directe avec leurs caractères et les tendances élevées de leurs statuts, des armées religieuses veuves de leurs capitaines, avec leurs enseignes entre les mains d'un Pontife - Roi ! En dehors de toute appréciation générale , et sans prendre garde aux ruineuses conséquences qu'amène nécessairement un pareil état de choses dans la pratique, si nous nous désintéressons de la politique et ne nous occupons plus que de philosopher, n'est-ce point l'un des faits les plus étranges et les plus lamentables qui se puissent produire dans les régions de l'esprit que celui-ci : le libre arbitre détruit dans l'un de ses asiles sacrés, le cloître, refuge désormais illusoire? Voilà que l'homme qui a prétendu s'affranchir en se cherchant un abri loin des tentations vulgaires se trouve tout d'un coup réduit à la condition d'instrument, sur un signe d'un autre

nomme; voilà les talents les plus nobles convertis, quelquefois à leur insu, en forces aveugles, ici pour le bien , là pour le mal , en tout cas sans que la cause immédiate soit admise à juger de l'opportunité, ni même de la moralité de ses effets. Appelé par le saint-siége à soutenir son crédit menacé dans les diocèses d'Allemagne particulièrement dévoués à la personne de l'empereur Frédéric II ou favorables aux prétentions de ce prince rebelle, l'Ordre de Saint- Dominique n'avait point à hésiter : l'Ordre obéit. Il est de notre franchise de constater, à partir de cette première infraction à la Règle, non point celle-là que le fils des Guzman a écrite , mais celle-là qu'il avait rêvée, quelques symptômes de décadence parmi les membres de sa maison. Un tel faux pas peut avoir de graves suites. Ne pressent -on point dès lors que l'Ordre va s'écarter de la ligne droite et, d'infidélités en infidélités, tomber en désaccord final avec les sévérités du plan primitif?

Par sa naissance, sa gloire déjà redoutable, son sang-froid extraordinaire, son calme, son tact, ce je ne sais quoi de puissant à la fois et de contenu qui donnait à sa personne la séduction de la majesté et une sorte de grâce énergique, le merveilleux enlin dont l'entourait son savoir réputé universel , nul personnage ne semblait plus indiqué qu'Albert pour

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faire prévaloir dans le courant voulu des idées qui, pour se faire accepter, n'ont jamais négligé la mise en scène ni l'apparat. Jourdain de Saxe, dans ces extrémités, songea naturellement à Albert, et lui, sans s'étonner, sans murmurer, sans se livrer à ces représentations vaines auxquelles se laissent si souvent aller les hommes qui, n'ayant jamais rien prévu, se trouvent toujours surpris par ce qui ne devrait point en effet arriver, mais qui cependant se produit avec une sorte de régularité , lui se mit aussitôt en devoir de se prêter aux exigences souveraines qu'il n'avait d'ailleurs point à juger. — La secousse imprimée d'abord aux âmes par l'éloquence du fils de Dominique, avait-on calculé en haut lieu, devra amener graduellement la soumission des intelligences et l'apaisement des partis. — On espérait bien, tout en ravivant la foi dans les diocèses d'Allemagne, opérer une réaction salutaire dans le sens exclusivement romain. — Les francs succès d'Albert le Grand ne pourront-ils point balancer tôt ou tard les impudentes menées impériahstes, victorieuses sans doute, mais, heureusement pour la cause du saint-siége, entachées d'irréligion? — Peu de gens sont en réalité assez forts et lucides, lorsqu'ils sont une fois tombés à genoux aux pieds d'un ministre des autels, en vue du paradis, pour se relever au nom d'un prince ou d'une

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idée, en pleine possession d'eux-mêmes et des distinctions nécessaires. — L'habit blanc de Saint-Dominique, encore nouveau pour les Teutons, hardiment, noblement porté, en imposera certainement aux masses. Les foules, en effet, se montrent d'ordinaire peu exigeantes, et rien ne leur plaît autant que de se laisser retomber entre les bras de la routine, sous les plis d'une oriflamme d'aspect imprévu. Tout ce qui est nouveau leur semble neuf : elles ne savent guère reconnaître les pensers caduques présentés sous un style rajeuni. — Les chevaliers et les seigneurs ne seront -ils point aisément séduits par l'un des leurs attaché à la bonne cause? — Les raisonneurs, les raffinés et les indociles ne pourront -ils point se sentir moins humiliés d'être réduits au silence par un logicien d'une trempe à part, renommé pour n'avoir jamais rencontré son pareil dans les écoles de Lombardie? — Les pauvres hères et les misérables, éblouis par les mirages d'un christianisme essentiellement populaire, après cette vision, auront-ils bien encore assez d'yeux pour admirer les livrées de l'empereur portées par quelques gentilshommes de fière mine, mais de mince dévotion? — N'approfondissons point pour le moment la question de savoir si maître Albert a jamais eu, oui ou non, cfuelques familières accointances avec le Malin : pourvu qu'il serve Rome, tout

est sauvé, et, le diable s'en mêlerait-il, Tauxiliaire, après tout, n'est point tant à dédaigner. — Viendra le jour, sans doute, où la Germanie entière, remuée, attendrie, convaincue, pensant naïvement gagner le ciel, tournera le dos à la bête de l'Apocalypse; viendra le jour où, prenant ces paroles du père des fidèles à la lettre : les sujets sont déliés du serment de fidélité envers un prince qui a forfait envers l'Eglise^ l'Allemagne confondra la voie du salut avec celle de la rébellion ^ — C'est ainsi que la propagation des plus purs préceptes de l'Évangile n'a servi que trop souvent de prétexte et d'introduction aux prétentions à la monarchie universelle, tantôt adroitement déguisées, tantôt hautement avouées par la cour de Rome. Que de fois, entre les feuillets des livres saints ouverts pour l'édification des peuples, que de fois, sautent aux yeux tels renvois à la marge qui ne traitent que d'intérêts terrestres !

On s'étonnera peut-être qu'au nombre de ses plus redoutables ennemis, l'empereur d'Allemagne Frédé-

\. « Du fond de la mer vient de surgir une bête avec les pieds d'un ours, la gueule d'un lion en furie, et, quant aux autres membres, pareille au léopard, etc., etc. Cette bète, c'est l'empereur Frédéric II.» Réponse de Grégoire à la justification de Frédéric, le 21 mai 1239. — «Nous délions les sujets de Frédéric II de LBUu SERMENT DE FIDÉLITÉ. » Parolcs de Grégoire IX lors de la deuxième excommunication de Frédéric 11.

rie Jl, dès qu'il se déelara eoiitre le pape, ait rencontré sur son chemin les deux Ordres si parfaitement inolTensifs, si peu belliqueux de leur nature, de Saint -Dominique et de Saint- François. Pierre des Vignes, chancelier de l'Empire, ne se faisait à cet égard, paraît-il, nulle illusion, et il signalait d'avance les résultats probables de leur campagne : Pierre des Vignes se hâta de prévenir son maître. « Les frèues

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