‹ Albert ou L'orphelin catholique [microforme]Chapitre 13 sur 62 · PS SE · texte numérisé non relu

PS SE

tre

fru

JOLIQUE

L vérité que je

fleurs et des mais je vous tie.

nsée? dit Al-

ntinuer.

de la réserve

œur, ne savait

on égard.

us pas? dit-il,

Ne suis-je donc

ie, ily a trois

er mes études P

prie.

e idée subite, x; tous deux

ôt je ne connous sépare ; vos parents,

dit Eva d’un que de parler de la peine ? rt, vous êtes ère bien-aimé.

RAS Es

M teur tee ne sf

A ee de en ui et AS

— Merci, noble sœur, mais dites-le-moi, pourquoi cette réserve, pourquoi me porter ainsi respect P

— Je puis en dire autant de vous, dit vivement Eva.

——Pardon, chère sœur, vous avez tracé une nouvelle voie dans laquelle je vous ai suivie ; j'avouerai cependant que je préférais l’ancienne.

— Alors, reprenons-la, dit gaîment Eva, allons nous asseoir sous cette tonnelle, et vous nous direz ce qui s’est passé durant votre absence.

Et, légère comme l'oiseau, elle prend le devant.

Ils entrent sous une tonnelle abritée par une vigne chargée de raisins, protégée par des arbres dont les fruits mêlés à ceux de la vigne se laissent voir à travers le treillis.

Après avoir causé sur les sujets quiles avaient le plus intéressés, l'ennui éprouvé l’un pour l’autre, la hâte de se revoir, etc., Albert, qui avait pris place vis-à-vis d'Eva, lui dit:

—Que ce lieu est charmant, et que Dieu est bon d’avoir ainsi donné à l’homme ces fruits si agréables à la vue et si délicieux au goût.

—Oui, dit Eva avec enthousiasme, regardez donc à travers ces branches chargées de si beaux fruits, et voyez ce firmament si pur, cet astre si brillant dont la chaleur bienfaisante vivifie tout

see

ce qu'il y a sur la terre, couverte en ce moment de tous ces beaux produits. Puis, en prenant l’ensemble, ce qu'il y a de plus admirable encore, c'est cette harmonie qui règne en maîtresse sut toute la création, la nuit succédant au jour, les saisons aux saisons, et le tout comme obéissant à une loi supérieure, divine, hors de la portée de notre intelligence ; loi que nous devons recon- L te

naître cependant, par la démonstration des œu- ï D vres accomplies ; et cette loi supposant un légis- : pt lateur, nous fait remonter et reconnaître en ce 4 législateur, Dieu créateur et cause suprême de î tout ce qui existe. 3 —Charmant philosophe, s’écrie Albert surpris à pr

a ce

de l'entendre, dites-moi donc où vous avez puisé votre science P —Vous le savez, Albert, j'ai suivi un cours

d'études assez compliqué, mais ce que je viens tri de dire, je l’ai puisé, appris surtout en prenant to soin de mes fleurs, qui, dans leur langage et leur À se beauté, m'ont fait comprendre qu’elles avaient É d' été créées par un Etre suprême, un Etre infini- 4 di ment puissant dont la grandeur et la sagesse sont va de beaucoup au-dessus de notre intelligence ou 4 da de notre imagination. En effet, comment s’expli- 4 bc quer qu’une graine si petite, si minime en elle Æ# tr

même, puisse produire une tige, et cette tige une 4 ab

ee, a

HOLIQUE

nn Ce momcnt Is, en prenant arable encore, maîtresse sui it au jour, les ime obéissant e la portée de devons reconation des œusant un légisnnaître en ce e suprême de

Albert surpris us avez puisé

uivi un cours que je viens t en prenant ingage et leur elles avaient n Etre infinisagesse sont itelligence ou ment s’explinime en elle cette tige une

KA | #3 ‘4 F k ve +22 À # \ Ke:

Fa % E+ Ke Mu] ù ; “ ni

SE

à RARE RS en de REED SET PEER SERRE

aussi belle fleur, si ce n’est par la volonté et la puissance de cet Etre que nous appelons Dieu ? Il en est ainsi des fruits, des grains, des arbres, que dis-je ? tout cela ne forme qu’une faible partie de ce que nous voyons. Le firmament, les astres, la terre, leur fonctionnement régulier, etc., sont tellement admirables, que celui qui les contemple ne peut s'empêcher de s’écrier: Mon Dieu, que vous êtes grand ! qui peut égaler votre puissance ?

—-Je vous félicite, chère sœur, vous êtes vraiment philosophe ; la vraie philosophie est la science universelle des choses dans leurs premiers principes, dans leurs causes suprêmes, et cette science s’acquiert par les lumières naturelles de la raison, la plus belle de toutes les créations. Cependant, quelques orgueilleux ont essayé d’attribuer à des causes secondaires, à la matière tout ce que nous voyons. Tantôt, ils nous représentent l'univers sortant, à un moment donné, d'un globule de feu ou du gaz, et ce globule se divisant, se séparant en parties inégales, se trouva éparpillé dans l’espace. D’autres ne voient dans le commencement qu’une masse inerte, une boule liquide qui, en se desséchant, laissa paraitre la terre et les autres planètes. D’absurdités en absurdités, ils en sont venus à ne plus se com-

prendre. Je voudrais bien les voir ici en ce moment, je ne sais ce qu’ils pourraient vous répondre ; votre raison, basée sur des principes solides, ferait bientôt crouler leurs théories vaines et fausses ; elle ferait bientôt rougir ces prétendus savants, qui, dans leur ignorance, croient tout comprendre, tout expliquer, quand ils ne savent À méme pas pourquoi ils sont doués d’une intelli- À gence. Oui, chère Eva, la vraie philosophie peut à s'apprendre et on l’'approfondit davantage en l’é- j ni

mn, O

tudiant dans tout ce qui nous frappe dans la création. L’homme lui-même et le monde n'ont pas en eux leur raison d’être ; alors pour se connaître pleinement lui-même et tout ce qui l’en- 4 na toure, l’homme doit remonter : la cause suprême de tout ce qui existe ; c’est alors que la philosophie élève son inteiligence jusqu’à cette cause, qui est le premier et le dernier mot des choses,

et, appuyant ses raisonnements sur les données un mêmes de la raison, elle l'élève jusqu’à Dieu, 4 la : principe éternel du vrai et du bien, en qui elle Le son lui montre la solution à la double question de #Æ# de son origine et de ses destinées. “Si nous voyions Æ fair l'essence divine, dit l’ange de l’école, ce serait © har pour nous chose évidente de soi que Dieu est, en

puisque son essence est son être ; mais parce que nous ne pouvons voir son essence, nous ne par-

)LIQUE

i en ce movous réponipes solides, es vaines et >s prétendus croient tout Is ne savent d'une intellisophie peut intage en l’éippe dans la monde n’ont pour se conce qui l’en- AUse Suprême e la philosocette cause, des choses, les données squ'à Dieu, en qui elle question de ous voyions e, ce serait ue Dieu est, ais parce que

ous ne par-

sr mehr ER AR

venons à connaître son existence que par ses œuvres ” (St. Thomas, Somme contre les gentils). Ainsi l’Ange de l’école conclut que l’existence de Dieu est une vérité de démonstration, et que c'est à bon droit que les philosophes chrétiens s'occupent de la prouver par tout ce qui existe. Newton se contentait de montrer le ciel à ceux qui lui demandaient de prouver l'existence de Dieu, en leur disant : ‘“ Regardez et voyez.” Ma- : nifestation sublime de l'existence de Dieu, témoignage irréfutable de sa toute-puissance, démons- | tration frappante de sa sagesse, de sa bonté et de sa grandeur, la création nous porte à en con- … naître et à en aimer l’auteur; ouvrage fini, elle à porte nos regards vers l'infini, vers ce qui est À réellement grand, ce qui est réellement durable j elle élève notre pensée à travers ce voile mysté- À rieux qui nqus entoure, pour la faire entrer dans } un séjour de délices et de félicités sans fin. Et la nature, en fille soumise et respectueuse envers son créateur, nous apprend à connaître ce Dieu ac toute grandeur, de toute puissance ; elle sait faire vibrer en nous les sons mélodieux de cette harpe merveilleuse que possède notre âme, pour en faire ressortir toute la beauté de l’harmonie la plus parfaite, et cette harmonie si belle, si douce et si agréable à nos sens nous élève, pour ainsi

at

SEE AGREE RÉ Fes

ni ee db

dire, au-dessus de cette nature, nous la fait oublier, pour se souvenir seulement de ce qu'elle nous enseigne, de ce qu’elle nous démontre, c’est-à-dire du beau, du durable et de l'infini...

— Pourvu que vous ne nous oubliiez pas, dit tout à coup un jeune homme en faisant son apparition.

Albert se retourne et voit un jeune monsieur mis avec recherche, avec élégance même, et paraissant appartenir à la plus haute société.

—Vous me pardonnerez bien de m'être ainsi permis de vous interrompre, dit le jeune homme. J'espère que votre santé est bonne, mademoi:

seile ? |

— Assez bien, dit Eva, vous plairait-il de.

— Merci, dit le nouveau venu en entrant sous la tonnelle, je dois vous dire que ‘ai obtenu de votre bonne mère la permission de vous rejoindre ici; c’est pourquoi je me suis permis de venir interrompre votre intéressante conversation. Puis se tournant vers Albert, il ajoute d’une voix mai assurée et en le toisant des pieds à la tête :

—Et ce jeune monsieur ?

—Rassurez-vous, monsieur, dit Eva en souriant, c’est mon frère dont je vous parlais la se-

maine dernière ; puis, se tournant du côté d’Aibert, elle ajouta : |

Page 1