‹ Albert ou L'orphelin catholique [microforme]Chapitre 12 sur 62 · SAS TESTS TA DRE OS ADN CS ES · texte numérisé non relu

SAS TESTS TA DRE OS ADN CS ES

DER A NE du à SEINE NOTE

vous, nobles bienfaiteurs, et mon plus grand bonheur est de vous voir contents de moi ; de voir vos nobles efforts couronnés par les succès que, grâce à votre générosité, j'ai pu obtenir ; succès qui vous appartiennent à double titre, par le devoir et la reconnaissance d’abord, ensuite par l'amour que je vous porte. J'étais orphelin, sans asile ; vous m'avez recueilli et traité comme votre propre fils, et.

— Oui, tu es mon enfant, tu es notre fils, dit M. Stevens, et je suis fier de toi.

Eva entrait au même instant ; une vive rougeur lui couvrait la figure ; un beau bouquet à la main, elle court vers Albert.

Celui-ci s'empresse d'aller au-devant d'elle en disant :

— Oh ! chère Eva, qu'il y a longtemps que nous ne nous sommes vus, et, dans sa candeur naïve, il se précipite pour lui donner un baiser fraternel.

Eva le reçoit, mais non sans éprouver quelque gêne.

—Voici, lui dit-elle, un bouquet que j'ai fait pour vous, puissiez-vous l'avoir pour agréable.

—Je l’accepte avec bonheur, dit Albert un peu surpris de la contenance d'Eva ; je vous remercie, ma bonne sur ; ce bouquet, aux fleurs si belles,

If restera pour moi un des plus chers souvenirs de cette fête ; il sera pour moi un nouveau gage de } | l’attention si délicate et de l’amitié que vous | 11 n’avez cessé de me témoigner depuis que j'ai eu . le bonheur d'entrer dans cette maison et d’être traité par vous comme un frère.

Une nouvelle rougeur couvrit la figure d'Eva.

— Oui, nobles bienfaiteurs, bien-aimés parents, continua-t-il, je vous dois iout, même la vie. Que ne m'est-il donné de pouvoir faire quelque chose pour vous prouver combien je vous suis reconnaissant, combien je vous aime. Votre position | dans le monde ne me permettra jamais de tra- E vailler pour rendre vos jours plus heureux, plus EE tranquilles, mais, là-haut, Dieu veille sur vous, là-haut sont toutes les récompenses, toutes les

FRE . ‘ Æ r joies, tout le bonheur ; là-haut tous les biens sont : À durables, les joies sont infinies, les récompenses 5 és

sont éternelles ; là-haut est la fin pour laquelle

Pie 4 né tout homme a été créé, et cette fin est destinée À ch à ceux qui, comme vous, ont donné asile à l’or- : phelin, soulagé le pauvre et secouru l’indigent. 4

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Il s'arrête, l'émotion l'empêche de continuer. ’ . x vo Tous, la vue fixée sur lui, admirent la chaleur Ÿ ÿ 24 à . mc et la conviction avec iesquelles 1l prononce ces se

paroles.

— Ne parle pas de reconnaissance, dit M. Ste-

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igure d'Eva.

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vens ému, tu nous as amplement payés de retour. Viens, mon fils, allons ensemble prendre le dîner.

—Oui, viens, cher enfant, dit madame Stevens. Eva, donne le bras à ton père, et toi, Albert, accepte le mien, et tous quatre se rendent à la salle à dîner pour s'asseoir autour d’une table chargée, encore plus qu’à l'ordinaire, des mets les plus succulents. Une heure plus tard, Albert et Eva s'étaient rendus au jardin, non seulement pour y respirer les parfums odorants des fleurs qui en faisaient l’ornement, mais aussi pour causer plus à leur aise sur ce qui s'était passé durant la longue séparation qui venait de se terminer.

Albert, gai comme d'habitude, faisait les plus grands éloges de tout ce qu'il voyait ; la maison, le jardin, les fruits et les fleurs étaient, selon lui, ce qu'il y avait de plus beau et de mieux ordonné dans la disposition comme dans le goût du choix.

— Oui, disait-il, notre père et notre mère sont les meilleures personnes que je connaisse, et vous, chère sœur, vous me paraissez la plus charmante, la plus belle et la plus aimable des demoiselles,

— Assez, assez sur mon compte, dit Eva.

—Pourquoi donc? n'est-ce pas la vérité que je viens de dire?

—Parlons de nos parents, des fleurs et des fruits, dit Eva en baissant la vue ; mais je vous en prie, ne me mettez pas de la partie.

— J'espère ne pas vous avoir offensée? dit Albert surpris.

— Non, non, mais... elle n’osa continuer.

Albert, de plus en plus surpris de la réserve d'Eva, qu'il regardait comme une sœur, ne savait à quoi attribuer ce changement à son égard.

—Pourquoi ne me répondez-vous pas? dit-il, pourquoi cette réserve avec moi ? Ne suis-je donc plus pour Eva ce que j'étais lorsque, il y a trois ans, je la quittais pour aller terminer mes études P

—Ne continuez pas, je vous en prie.

—Ah! reprit Albert, saisi d'une idée subite, j'oubliais, j'ai été trop présomptueux ; tous deux alors, enfants naïfs, nous ou plutôt je ne connaissais pas la grande distance qui nous sépare ; moi, pauvre orphelin, recueilli par vos parents, j'aurais dû comprendre...

— Assez, assez, je vous en prie, dit Eva d’un ton ae reproche, c’est mal parler que de parler ainsi; vous voulez donc me faire de la peine? Vos paroles me font souffrir. Albert, vous êtes toujours pour moi un frère, et un frère bien-aimé.

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