‹ Albert ou L'orphelin catholique [microforme]Chapitre 54 sur 62 · ARRIVÉE D’ALBERT ET DE SON PÈRE A BOSTON · texte numérisé non relu

ARRIVÉE D’ALBERT ET DE SON PÈRE A BOSTON

Nous avons laissé notre seconde caravane en rouie pour le fort Leavenworth, où elle arriva quelques jours après l’heureuse rencontre de M. Dcfoy et de notre héros. Le capitaine et Albert furent reçus avec la plus grande joie.

M. Defoy fut l’objet des plus chaleureuse félicitations. ‘Tous venaient lui serrer la main, ainsi qu’à ses compagnons, et les remerciaient de leur bravoure et de leur dévouement.

Le commandant du fort, averti dès l’arrivée de M. Lyons, venait de terminer les préparatifs d'une expédition pour aller à leur secours. Ceux qui devaient en faire partie reçurent avec joie la bonne nouvelle que leurs services ne seraient pas requis.

Pendant le voyage, Albert avait raconté à son père comment le capitaine lui avait sauvé la vie, et lui avait dit sa bravoure et son dévouement pour le salut de la caravane.

— Nous verrons à le payer de retour, avait dit M. Defoy.

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Un bateau à vapeur, devant partir le jour méme pour Saint-Louis, était accosté au port,

Dans leur hâte, l’un de voir les restes mortels de son épouse, l'autre de revoir ceux qu'il considérait toujours comme ses bons parents, M. Defoy et Albert prirent tout de suite congé de leurs compagnons de voyage. Après maintes poignées de mains, de souhaits de bonheur, de promesses de se revoir et d'adieux, M. Defoy, Albert et le capitaine prenaient passage à bord du vapeur.

— Capitaine, dit M. Defoy, vous voudrez bien nous faire le plaisir de nous accompagner dans le voyage que nous devons faire à Boston ; nous vous laisserons le soin de nous présenter à ces bonnes personnes qui ont tant fait pour mon fils.

— Avec bonheur, répondit le capitaine.

Quatre jours après, tous trois, gais et joyeux, arrivaient à Saint-Louis.

Un délai de deux jours fut accordé au capitaine pour lui permettre d’embrasser son épouse désolée et ses deux petits enfants. M. Defoy en profita pour acheter une toilette neuve. Albert ne fut pas oublié.

—Madame voudra bien faire le voyage avec nous, dit M. Defoy. Cela fera du bien à vos enfants, et dissipera la peine que vous avez éprouvée.

On accéda à son désir, et le surlendemain de leur arrivée à Saint-Louis, tous prenaient place à bord du train qui devait les débarquer à Boston.

Albert, au comble de la joie, comptait les heures et les minutes ; les chars n’allaient pas assez vite pour lui.

—Mon fils, disait M. Defoy, j'éprouve comme toi une grande hâte de voir cet homme généreux, cette dame qui t'a prodigué tant de soins.

—Que vous êtes bon, mon pére! Oui, il me tarde de me jeter dans les bras de ces bons parents et de leur dire que j'ai retrouvé mon père, ais que je ne cesserai de les aimer et de leur prouver ma reconnaiss”nce.

—Tu peux disposer de ma bourse, cher enfant,

— {is sont riches, très riches, mon père.

— Je l'ignorais, j'espère ne pas t'avoir causé de peine P

—Au contraire, dit Albert d'une voix émue, c'est une nouvelle preuve de votre amitié pour moi, de votre gratitude pour ce qu'ils ont fait pour votre fils.

Ils débarquent à Boston sur les neuf heures du matin. On se rend de suite à un des meilleurs

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hôtels pour refaire sa toilette et prendre le déjeuner.

—.]l faut être fort pour bien supporter l’émo tion, dit M. Defoy.

A dix heures et demie, M. Defoy, le capitaine et Albert se dirigent vers l’ancienne demeure de M. Stevens.

Ils pénétrèrent dans le quartier le plus élégant de la ville. Albert hâte le pas à mesure qu’il avance.

Avant de détourner le dernier coin de rue, il arrête et, désignant au capitaine une opulente villa située au milieu d'un splendide parterre, il Jui dit :

— Veuillez prendre le devant, monsieur, c’est là que résident mes bons parents. Ils me croient mort, sans doute, et mon arrivée trop subite pourrait causer un malheur. Je vous laisse le soin de les préparer à notre visite ; mon père et moi, nous vous rejoindrons dans quelques minutes.

Pendant qu'il parlait, un grand pavillon, aux couleurs américaines, avait attiré l'attention de M. Defoy.

I] en fait la remarque au capitaine.

—Avançons encore un peu, dit ce dernier, nous verrons ce que cela veut dire.

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Ils ne sont plus qu’à quelques pas ; ils arrêtent et Albert, stupéfait, lit et relit un grand placard sur lequel était écrit :

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