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paupières humides indiquent la peine qu'il éprouve. Il allait fondre en larmes quand il entendit une voix douce lui adresser cette question :
—Que cherches-tu donc? est-ce cette petite chaîne que voici?
Albert se retourne vivement et aperçoit une charmante petite fille qui s'avance vers lui en souriant et tenant dans sa main le chapelet qu’il cherche.
— Merci, bonne petite demoiselle, dit-il. Je craignais d’avoir perdu ce chapelet, le seul souvenir de ma bonne mère.
Madame Stevens, l'épouse du médecin, entrait au même instant ; elle s'approche d'Albert et lui demande avec bienveillance :
—Comment es-tu ce matin, cher petit ?
—Je suis bien, madame, merci, répondit-il d’un ton respectueux. Ah! comment pourrai-je vous témoigner assez ma reconnaissance? car mon cœur me le dit, c’est vous qui m'avez recueilli hier soir, qui m'avez arraché à la mort. Que je voudrais avoir des paroles assez éloquentes pour vous exprimer ce que mon cœur voudrait vous dire. Nor., je ne vous oublierai jamais, madame, je prierai Dieu tous les jours pour vous, il ne laissera pas sans récompense la belle et généreuse action que vous venez de faire pour un
pauvre orphelin.
—Tu n'as donc ni père ni mère? dit madame Stevens, émue et surprise d'entendre parler ainsi un enfant d'un âge aussi tendre.
— Hélas ! non, madame, je n’ai pas connu mon père, et 1l y a quelques jours à peine ma mère mourait, en me recommandant de bien aimer le bon Dieu.
—Je ne sais ce que je ressens pour cet enfant, se dit à part madame Stevens. Mais tu as d’autres parents, n'est-ce pas ?
—Je n’en connais aucun, madame.
— Où allais-tu donc dans cette forêt ?
—Je me rendais chez un monsieur qui demeure au village de S... et auquel je fus recommandé par M. le curé de notre paroisse. Puis tirant de son habit un pli cacheté, il le présente à la dame en disant: Veuillez lire, madame, c’est une recommandation. Mme Stevens prend le papier et voit qu'il renferme un appel chaleureux auprès d’un notable de l’e droit en faveur du jeune Albert, et une prière de recueillir le petit orphelin. Après l'avoir lu, elle le présente à M. Stevens qui venait d'entrer.
— Voici M. Stevens, mon époux, dit-elle à Albert, c'est lui qui t'a ramené à la vie ; étant médecin, il a pu te donner les soins voulus.
Albert se jette aux genoux de M. Stevens pour
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