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lui témoigner sa reconnaissance ; mais ce dernier le relève en lui disant avec bonté :
—Relève-toi, cher petit, j'ai entendu ce que tu viens de dire à mon épouse, tu as perdu une bonne mère, elle a su te bicn élever; peu d’enfants de ton âge font preuve d’une éducation aussi soignée. Connais-tu ce monsieur auquel tu es recommandé ?
— Non, monsieur, je ne lai jamais vu.
—Penses-tu qu’il consentira à te recevoir chez lui ?
—TJe n’en sais rien, monsieur, dit Albert en essuyant ses larmes.
— Vois donc cet homme toi-même, dit madame Stevens à son époux.
—Je le veux bien; cependant je ne vois pas comment je pourrais avoir quelque chance de succès auprès de lui, je suis tout à fait étranger
— C'est vrai, mais je ne sais ce qui m'attire vers ce jeune orphelin, je voudrais l’adopter, si tu n’y vois aucune objection.
— Très volontiers, car nous n'avons pas de fils ; mais avant tout, il nous faudra le consentement de celui aux mains duquel on le confie. Il y a des
formalités légales à remplir.
—Néanmoins, va lui faire visite, il te sera peut-être aisé de tout arranger.
—C'est ce que je vais faire ; se tournant du côté d'Albert, 1l lui dit:
—Aimerais-tu à rester avec nous?
— Avec le plus grand bonheur, monsieur.
— Bien, dit madame Stevens en souriant,
—Tout ce que je désire, c’est que tu restes toujours digne de ta bonne mère, dit M. Stevens. Quel est ton nom P
— Albert Defoy.
— Et ton âge?
— Douze ans.
—T'u as été à l’école, sans doute?
—Non, monsieur, mais je sais passablement L lire et écrire. I
—Qui donc te l’a appris? |
—Maman me donnait des leçons tous les À 4 Jours. ;
— Très bien, et dès aujourd hui tues notreñls. | si aucune objection ne se présente, ce qui n’est 1 © guère probable. Viens prendre le déjeuner avec ; nous ; nous nous Occuperons ensuite des moyens ; d à prendre pour te garder avec nous. }
— Viens, cher enfant, dit madame Stevens, en 4 V le prenant d’une main et Eva de l’autre. F. é
—Oh ! que je suis contente, dit celle-ci.
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—Pourquoi donc? dit madame Stevens en souriant.
—Je vais avoir un petit frère! comme nous allons être heureux ensemble ! oh! je vais bien l'aimer !
—Et toi, Albert ? dit madame Stevens.
—Je ferai tout en mon pouvoir, madame, pour être un bon fils pour vous, et un bon frère pour votre enfant.
Après le déjeuner, M. Stevens, accompagné d'Albert, se rendit chez celui auquel Albert était recommandé, et lui remit la lettre du pasteur. Le monsieur prit le papier ; mais il n’y eut pas plutôt jeté la vue qu'il fit une grimace qui n’échappa point à M. Stevens.
—Que comptez-vous faire? demande M. Stevens.
— Il m'est impossible d'acquiescer à cette demande, j'ai déjà une famille assez nombreuse... êtres
— Alors, vous n'avez pas d’objection que j'adopte cet enfant?
—Au contraire, et si vous le voulez, je vais vous accompagner de suite chez M. le maire de
ce village, où vous ferez votre déclaration devant témoins.
— Allons, dit M. Stevens, heureux de se rendre au désir de son épouse.
Deux heures plus tard, toutes les formalités requises étaient remplies ; Albert prenait avec ses parents adoptifs le chemin de fer qui devait les conduire à Boston.