DU ROMANTISME AU SYMBOLISME
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La rareté de cette bonne foi d’ « honnête homme » qui commande au critique de juger avec sa lumière œuvre née de la lumière d’un autre, la complaisance avec laquelle on à groupé sous une rubrique facile les poèmes qu’on refusait d'attribuer aux grandes écoles du siècle, ont fait naître autour du symbolisme les controverses les plus partiales et les plus confuses.
C’est pourquoi j'ai pensé qu'aux premières pages de cet essai il convenait de donner du symbolisme une définition qui fût simple, et limitât mon sujet.
Je rechercherai, dans ce dessein, l’un des liens de pensée qui unissent le symbolisme à la poésie antérieure, heureux si je pouvais montrer que le symbolisme n’est pas une rénovation, mais, en vérité, une dégradation de cet élan de puissance qui, épanoui dans le romantisme, est déjà moins vivant dans le Parnasse.
Ce qui, pour ne faire du symbolisme qu'un affaissement de la poussée romantique, ne préjuge point sa valeur. Je crois au devenir des grands mouvements humains comme à la fécondité des graines. La plante flétrie porte le germe d’une éelosion nouvelle : ainsi le symbolisme, terminant une courbe de l’évolution littéraire, reste, sous une apparence de faiblesse, gros des aspirations et des intuitions passées, qui vont s’éveillant lentement à une aube de survivance et de splendeur.
Je dis que les variations de rapport entre le terme noi et le terme choses expliquent, schématiquement, l’évolution de la poésie lyrique, du romantisme au symbolisme.
Le romantisme conçoit la description des choses extérieures comme l’occasion d'exprimer un état simultané, mai: non correspondant, du moi. Le monde est un écran sur lequel, par un jeu d’oppositions, les gestes du moi se dramatisent et s’amplifient. Les exemples en seraient nombreux chez Lamartine. Voyez Le Vallon, voyez L’Isolement
Souvent, sur Ja montagne, à l’ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m'’assieds..…. Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente...
Le même procédé se trahit chez Hugo
Puisqu’au printemps, quand Dieu met la nature en fête, Jassiste, esprit sans joie, à ce splendide amour’...
Or pareil effort pour ajouter les choses au moi conduit les romantiques à une déclamation d’étalage,