‹ Albert SamainChapitre 28 sur 123 · AL · texte numérisé non relu

AL

Peut-être même dans ce désir d’évangélique bonté, comme si l’âme d’un prophète eût vécu en Samain :

J'ai rêvé d’un vieux monde, à l’âme réprouvée, Où j’apportais, prophète, un cœur ardent et doux. Mes yeux forçaient le doute à tomber à genoux, Et je faisais du ciel avec ma main levée ‘.…

A vrai dire, cette vague piété n’est pas la foi claire qui sauve. Pourtant Ferdinand Gohin croit entendre dans Réveil”

L’aube d’une clarté s’épanche dans mon âme.

Aux murs de l’horizon, j’ai vu luire une flamme, Et j'ai senti passer la robe du sauveur.

Je veux donner ma vie à la bonne espérance...

« Phymne d’une âme illuminée et transfigurée par un rayon venu d’en haut‘ ». Il imagine que « les sentiments que Verlaine développe en lieds pieux, en cantilènes naïves, Samain les aurait développés, semble-t-il, avec l’ampleur et la richesse d’une âme enthousiaste, en des hymnes magnifiques‘. ». Sans doute, c’est là une note nouvelle dans l’œuvre du poète. Mais, parce qu’elle est isolée, nul ne peut dire ce qu’il y entre de sincérité, ni quel chant elle peut annoncer. Quoi qu’il en soit, elle ne permet pas d'affirmer que la poésie de Samain, si artificielle et raffinée, doive rien à ce beau sentiment de la

1 Visions, IH. AU JARDIN DE L'INFANTE, p. 123. 2 CHARIOT D'OR, p. 145 à 148.

3 L'ŒUVRE POÉTIQUE D’ALBERT SAMAIN, p. 64.

4 L'ŒUVRE POÉTIQUE D’ALBERT SAMAIN, p. 65.

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