PREMIERE PARTIE
d'émotion, n'est-ce pas la vérité de la souffrance dans la simplicité de la foi ? Et Verlaine, dans ce livre de Sagesse pour lequel bien des fautes lui seront remises, a-t-il, à
travers ses Sanglots, balbutié autre chose qu’une prière d'enfant :
Seigneur, c’est trop. Vraiment, je n’ose. Aimer qui ? Vous ? Oh non ! Je tremble et n’ose. Oh ! Vous aimer ! Je n'ose, Je ne veux pas, je suis indigne ’...?
Or la souffrance d’Hugo, la ferveur simple de Verlaine, ne furent point le partage de Samain. Aussi n’eutil qu’une foi de dilettante, où son cœur s’est émietté sans se dissoudre. De l’aveu même de Léon Bocquet, « parce qu’il manquait de foi, son imagination pessimiste l’entravait ” ».
La foi de Samain? Je ne sais guère où la trouver. Peut-être dans cette jolie vision de tableau sacré, où le sphinx d'Egypte contemple le dieu pauvre :
Entre les pieds du sphinx appuyée à demi,
La Vierge pâle et douce a fermé la paupière.
Et, dans l’ombre, une étrange et suave lumière Sort du petit Jésus dans ses bras endormi *..
Peut-être dans ce vain dégoût de sa pensée artificielle :
Va, ne t’attarde plus aux parades etranges.
Si la vie a rentré quelque blé dans tes granges, Fais ton pain simplement, dans la paix du Seigneur... Et rentre enfin dans la vérité de ton cœur “.…