MÉTAMORPHOSES, XIII
Ah! J'ai soif à la fois de baiser et de mordre. Jaloux, je suis jaloux! Oh! Rien que d’y penser, Les voir tous les deux, là, rire et se caresser... Oh! Bondir, les surprendre, et m’élancer sur elle, Et lui tordre son cou, son cou de tourterelle,
Et la jeter sanglante *.…
le même personnage que chez Ovide
Ses entrailles. ses membres arrachés, je les disperserai parmi [les champs
Et, qu’ainsi se fasse notre union, parmi tes flots.
Car je me consume *…
la fureur dont les deux poètes l’animent n'est-elle point la même?
Que Samain se soit, dans sa pièce, souvenu des littératures grecque et latine, il serait donc vain de le nier. Il ne le serait pas moins de se refuser à voir les différences qui séparent son drame des fables anciennes, et font de Polyphème une œuvre bien à lui.
Le cyclope de Théocrite et d’Ovide reste l’être difforme et cruel au malheur duquel on applaudit :
Je n’ai qu'un œil, et j'ai un nez large et plat au-dessus de ma [lèvre
dit-il, non sans quelque vanité coléreuse.
I Pt et 112; 2 MÉTAMORPHOSES, xl, 866-868.
3 Théocrite. x1, 33.