‹ Albert SamainChapitre 47 sur 123 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

qui connaissent les larmes’, et le hasard seul lui révèle une laideur sur laquelle Samain ne s’appesantit pas”.

Et puis, ce cyclope xix' siècle est trop amoureux pour être habile. Il ne vante point ses richesses. Il lui arrive même de craindre qu’elles ne soient indignes de Galatée

Je me dis par moments Qu’à mes côtés la vie est pauvre d’agréments, Que je tiens, malgré tout, ta grâce prisonnière, Et que les fleurs, enfin, s’ouvrent à la lumière. Ï fait trop sombre, ici, pour tes jeunes ébats ‘.…

Pour avoir de ces délicatesses, il n’est, en vérité, « qu'un grand cœur, tendre jusqu’au scrupule * », trop tendre, trop faible peut-être, puisque le cyclope n’a même plus la force de haïr. Un seul mot de Galatée, et la menace se fait prière résignée ‘. Un regard aux amants enlacés, et le bras retombe sans force, qui se levait pour le meurtre‘. Le Polyphème de naguère ne s’embarrassait pas de tant d’hésitations, et la hardiesse ne semble pas excessive d'avancer que l’incertitude du héros est tout à fait celle du poète.

Mais Polyphème n’est point le seul personnage que Samain ait animé d’une vie nouvelle.

1 Voyez p. 83.

2 Voyez p. 73.

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