‹ Albert SamainChapitre 54 sur 123 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

La faux des moissonneurs a passé sur les terres, Et le repos succède aux travaux des longs jours. Parfois une charrue, oubliée aux labours.

Sort comme un bras levé des sillons solitaires. L’angélus au loin sonne, et, simple en son devoir, La glèbe écoute au ciel tinter la cloche pure

Et, comme une humble vieille en sa robe de bure, Semble dire tout bas sa prière du soir ‘…

Et je sais, dans un Automne du Chariot d'Or’, une

Strophe qui ne déparerait point Milly, ou la Terre narate:

Qu’imporie! La maison, sans se plaindre de toi, T'’accueille avec son lierre et ses nids d’hirondelle Et. fêtant le retour du prodigue près d’elle,

Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.

Le style de Victor Hugo n’a pas plus de secrets pour

le poète flamand.

Le contraste que le poète des Feuilles d'Automne éta-

blit si volontiers entre la misère du moi qui passe et la splendeur du monde éternel ‘ se retrouve, fidèlement calqué, dans La Prière du Convalescent”. Telle période de

Polyphème

Êt R 0 po mi

Grands chênes pleins d’oiscaux, troncs à l’écorce rude, Comme j'étais royal dans votre solitude,

Et comme, à vous pareil, au renouveau des ans,

Je sentais mon cœur vierge éclater de printemps !

Soir sur la Plaine. CHARIOT D'OR, p. 46.

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