DEUXIEME PARTIE
Enfin les Elégies ne sont point sans garder quelque parenté avec les Poésies de l’enfant gâté du romantisme. Telle évocation des Roses dans la Coupe
Jamais rien n’atteindra, pour émouvoir notre âme, Le charme surhumain de la voix d’une femme Qui, sur l’ivoire pâle où flotte son bras nu, Raconte au vent nocturne un amour inconnu.
Quel secret disiez-vous, et quel mal sans remède, Larges gouttes d’amour tombant dans la nuit tiède? '.…
réédite Le Saule *, et Lucie. Telles plaintes éparses
Je veille, cœur tendu vers des lèvres absentes *.…
C’est une tiède nuit d’amant ou de poète.
Et j'ai l'amour à l’âme, et l’amour à la tête, Et j'ai soif de tes yeux pour me mettre à genoux ”…
restent empreintes du souvenir, et de la grâce, de la prière à Ninon:
Ces exemples suffisent à montrer quelles parentés d'expression unissent Samain au romantisme.
J'ai dit que, du fond lyrique, Samain n’avait guère connu que les éléments les moins féconds. Force est d’ajouter, parallèlement, que sa forme n’est pas exempte des exagérations du romantisme.
CHARIOT D'OR, p. 16 et 17.