‹ Albert SamainChapitre 59 sur 123 · PREMIÈRES POÉSIES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES POÉSIES

CHARIOT D'OR, p. 94.

CHARIOT D'OR, p. 96.

D RE À NN mi

On a reproché à Victor Hugo l’attirail d’épithètes tenébreuses et de métaphores boursouflées dont il lui arrive de surcharger ses vers

Les astres dont luit la clarté Sont les cailloux qu’on voit dans ta tranchée obscure, OQ sombre fosse éternité!"

& Samain, cui pourtant avait du goût, l’a parfois suivi sur cette pente dangereuse : ,

L’abime étoilé s’ouvre à l’ardeur de penser.

Et l'esprit, visité de rumeurs inconnues,

S’étonne, et, frémissant, écoute, au fond des nues, Comme un grand fleuve noir l’éternité passer *.…

Je n’en sais pas non plus qui, avec plus de hardiesse que le grand romantique, aient usé du pêle-mêle mythologique, historique, ou géographique

Avec Ulysse errant, Homère, éperdu, fuit dans la brume marine.

Saint Jean frissonne. Au fond de sa sombre poitrine, L’apocalypse horrible agite son tocsin.

Eschyle ! Oreste marche et rugit dans ton sein, Et c’est, à noir poète à la lèvre irritée, Sur ton crâne géant qu'est cloué Prométhée ‘..

Il est fâcheux que Samain, qui avait moins de titres à lindulgence, ne se soit point méfié de développements

1 CONTEMPLATIONS, vi, 18.

2 Incantation. cHArIOT p'or, p. 135.

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