DEUXIEME PARTIE
De la même venue, ces deux prières à la nuit, l’une des Derniers Poèmes
O paix inexprimable, Ô nuit, sommeil divin, Mondes qui palpitiez sur les houles dorées !
Celui qui savoura vos ivresses sacrées
Y replonge à jamais, en ses rêves sans fin...
l’autre du Chariot d'Or: :
O nuit, tes pieds divins font tressaillir la terre; Ta coupe d’argent noir contient les profondeurs: Tu fais jaillir en nous les secrètes splendeurs.
Et je t’adorerai pour ce triple mystère,
O nuit magicienne, Ô douce, à solitaire !.….
Du même souffle, ces deux invocations aux forêts, l’une extraite de La Fontaine aux Lianes”
Comme les flots des mers ondulant vers les plages, G bois, vous déroulez, pleins d’arôme et de nids, Dans l’air splendide et bleu vos houles de feuillages; Vous êtes toujours vieux et toujours rajeunis.
Le temps a respecté, rois aux longues années,
Vos grands fronts couronnés de lianes d’argent. Nul pied ne foulera vos feuilles non fanées;
Vous verrez passer l’homme et le monde changeant. Le soleil de midi fait palpiter vos sèves :
Vous siégez, revêtus de sa pourpre, et sans voix. Mais la nuit, épanchant la rosée et les rêves, Apaise et fait chanter les âmes et les bois.
1 Les Yeux d’Or de la Nuit.
2 Incantation. P. 138.