‹ Albert SamainChapitre 83 sur 123 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Et ne vous semble-t-elle point très Chariot d'Or, cette obsession que Verlaine avait de l’amie lointaine :

On a soin D’évoquer chaque jour Ia voix, les yeux, le geste De l’être en qui l’on met son bonheur, et l’on reste Des heures à causer tout seul avec l’absent *...?

À l'influence verlainienne, il convient enfin de rapporter ces visions de décadence romaine qui poursuivent Samain. Comme Verlaine ose, dans une divagation fastueuse ’,

Je suis l'empire à la fin de la décadence Qui regarde passer les grands barbares blancs En composant des acrostiches indolents…

Samain, de même, se plaît à évoquer les dernières heures du règne d’Arcadius, empereur aux yeux peints’.

Samain, somme toute, a trouvé chez Verlaine, autant que chez Baudelaire, la source de sa croyance à l’universelle sympathie, et il y a, d’une œuvre à l’autre, des parentés de fond et de forme.

1 LA BONNE CHANSON, x.

2 gapis ET NAGUÈRE. À la Manière de plusieurs, n. Langueur. 3 Fin d'Empire. AU JARDIN DE L’INFANTE, pP. 218.

Mais si Verlaine a sur Samain une supériorité qu’il doit à l’ample diversité de son lyrisme et à la valeur humaine de sa sensibilité, Samain, parce qu’il n’apportait point dans l’art de vérité vivante, garde près de Verlaine cette originalité d’avoir plus régulièrement suivi leur commune poétique.

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