‹ Albert SamainChapitre 96 sur 123 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

la majesté des parcs abandonnés où les reines du temps jadis se promenaient avec leur suite

Mais ce qui prend mon cœur d’une étreinte infinie, Aux rayons d’un long soir dorant son agonie, C’est ce grand Trianon, solitaire et royal,

Et son perron désert où l’automne si douce Laisse pendre en rêvant sa chevelure rousse

Sur Peau divinement triste du grand canal”.

Et il ne dédaigne même point les natures mortes :

Dans la coupe arrondie à l’anse en col de cygne, Pose les fruits choïsis sur des feuilles de vigne, Les pêches que recouvre un velours vierge encor, Et les lourds raïsins bleus mêlés aux raisins d’or *…

Mais de tous les sujets celui que Samain préfère, c’est l'amour intime et voilé qui fait s’unir deux têtes dans la plus chaste pose. Nul tableau n’est plus suave et mieux ombré qu’une Elégie du Jardin de l’Infante*

Je resterais ainsi des heures, des années,

Sans épuiser jamais la douceur de sentir . Ta tête aux lourds cheveux sur moi s’appesantir, Comme morte parmi les lumières fanées..

si ce n’est peut-être ce Sommeil de Canope qui est bien

1 Versailles, 117. CHARIOT D'OR, p. 12.

2 Le Repas préparé. AUX FLANCS DU VASE, p. 11.

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