‹ Albert Thomas 1878-1932Chapitre 31 sur 37 · PORTUGAL · texte numérisé non relu

PORTUGAL

Le Diario de Lisboa (Déclarations du D r Rodrigues Pereira) :

Avec Albert Thomas disparaît un des esprits les plus brillants des derniers temps, mais on perd aussi avec lui un noble cœur ouvert à tous les malheurs, toujours inquiet et animé du besoin généreux de rendre le monde meilleur et l’humanité plus heureuse. Les derniers mois ont été particulièrement douloureux pour le Bureau international du Travail à la suite de la mort de M. Arthur Fontaine, de Mgr Nolens et de M. François Sokal. En dernier lieu, comme si les coups déjà supportés ne suffisaient pas, vint la disparition d’Albert Thomas, le grand animateur, qui depuis 1920 a donné à l’œuvre du Bureau un éclat incomparable et dont la mort, plus que toute autre, constitue une perte irréparable pour l’Organisation internationale du Travail. Tous les secteurs de l’opinion publique mondiale, depuis les gauches les plus extrémistes jusqu’à l’extrême droite, n’ont pas manqué de manifester, d’une façon unanime et réconfortante, la douleur que leur a causée le décès inopiné d’Albert Thomas et de rendre hommage à ce mort illustre chez qui une activité inlassable s’alliait à une rare intelligence.

Ses deux derniers discours, peu de jours avant sa mort, spécialement celui du 25 avril, furent deux remarquables pièces oratoires, pleines de jeunesse, de chaleur et de vie, dans lesquelles il parla de ses projets futurs, des nouvelles directives qu’il prétendait imprimer au Bureau et encore de l’action qu’il aurait voulu voir exercer par cet organisme.

Novidades (Lisbonne) :

Albert Thomas, le Directeur bien connu du Bureau international du Travail, à Genève, décédé récemment à Paris, était la vraie personnification des revendications les plus avancées du socialisme économique de notre temps.

Malgré cela, comme nous l’avons fait remarquer par ailleurs, cet homme considérait et rendait publiquement hommage à l’action sociale

de l’Eglise, surtout en ce qui concerne l’organisation et l’action efficiente du syndicalisme professionnel catholique.

Albert Thomas a bien été le plus grand et le plus sincère défenseur des intérêts des travailleurs, mais ce qui le caractérisait, c’était la qualité qui manque à beaucoup d’autres, d’accepter généreusement toutes les solutions justes sans se préoccuper de leur origine.

A la tête du Bureau international du Travail, il a su se rendre compte des réalités — et cela constitue son meilleur titre de gloire — et, en se mettant au-dessus des préjugés de parti ou d’école, il a su rassembler toutes les forces qu’il trouvait ou qui lui étaient offertes pouvant l’aider dans la réalisation des nobles buts qu’il s’était proposés.

Albert Thomas appartenait à cette classe d’hommes avancés qui sont fiers de saluer loyalement l’Eglise catholique pour son œuvre immense et profonde de justice en faveur de la classe ouvrière.

Les catholiques, en reconnaissant cela et en rendant loyalement hommage à sa mémoire, ne font que rendre justice à l’esprit d’exemption de ce socialiste hardi ainsi qu’à tous ceux qui travaillent de bonne volonté pour le bien de l’humanité.

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