ACTE PREMIER
JOSEPH
C’est ce que nous appelons une feinte... On affiche uno Bavolette pour cacher une madame de Merris.
Encore!
JOSEPH
Une femme du monde enfin... Mais, quelquefois, on pense plus au fond à Bavolette, qu’on affiche et qui coûte cher, qu’à madame X..., qu’on cache et qui ne coûte rien... Eh bien, je me suis mis en tête de lui prendre sa Bavolette, à M. de Brévans, parce que je ne puis pas lui prendre madame X..., et de la lui prendre pour rien, comme si c’était une femme comme il faut... De cette façon il sera trompé, et on le mettra parmi les Bartholo... classe des vieux... Ohf c’est tout un plan I
ANTOINETTE
Tu me rappelles Washington rêvant l’indépendance de l’Amérique. Celqest beau, cela est grand, cela est sublime, digne des enthousiasmes et des poésies de ton âge ! Prends Bavolette, mon ami, prends et succède à M. de Brévans dans l’estime et l’admiration publiques... c’est une belle destinée I...
JOSEPH
Vous vous moquez de moi?...
ANTOINETTE, sc levant.
Pas encore... C’est quand tu auras réussi, que je me moquerai de toi!
JOSEPH, se rapprochant, d'un ton câlin*.
Décidément, vous ne voulez pas ?
ANTOINETTE, passant devant loi.
Trahir Bavolette?... Fi donc!...