A LB E R TI NE
C’est moi, monsieur, qui ai demandé à madame de Chazeuil de vous prier de passer chez elle aujourd’hui.
UE BRÉVANS.
Je m’en doutais, madame; ces sortes d’invitations sont peudans les habitudes de madame de Chazeuil, à mon égard du moins.
Et vous doutez-vous aussi que j’ai un service à vous demander?
DE BRÉVANS.
Un service?... Un ordre à me donner, vous voulez dire... J’ai encore deviné cela, je crois. Quand une femme a pris la peine do congédier un homme comme vous l'avez fait hier... si elle désire se retrouver avec lui... c’est qu’elle veut faire disparaître jusqu’aux dernières traces du passé... Quelles autres traces peut-il rester entre gens bien élevés, qu unpaquet de lettres?... Voici toutes vos lettres. Madame, je connais ce dénoùment. (il lui montra les lettres, et les jette au fcn.) Voilà qui est dit... le passé est mort... Ai-je besoin d’ajouter que je n’en ai jamais parlé à personne et que je me ferais plutôt tuer que d’on avouer un mot à quelqu un?
Je n’ai jamais douté de votre délicatesse.
DE BRÉVANS.
Eh bien, cette bonne parole m’encourage pour ce qui tne reste à vous dire, j’ai été bien coupable envers vous... plus coupable envers vous qu’envers d’autres... car vous etiez née pour le bien... Peu de femmes ont la fierté de votre cœur et l’élévation do vos sentiments; heureusement que tout est peut-être réparable encoro.
Que voulez-vous dire?
DE BRÉVANS.
Dites un mot et mon nom vous appartient... et j’emploierai ma vie entière à expier mes torts envers vous.
* Albertine, de Brévans.