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PIÈCES FAUSSEMENT ATTRIBUÉES A ALBERT DURER

La Trinité. B. 27. Celte pièce a été classée par Bartsch dans l'œuvre d’Albert Dürer, bien que cet iconophile ne la considérât que comme une copie d’une gravure sur bois (B. 122), également reproduite au burin par Martin Rota. Elle n’a point d’autre mérite que sa rareté.

La Vierge a la porte. B. 45. Le cabinet de l’archiduc Charles, à Vienne, possède trois éiats de cette planche.

Premier état : Avant le ciel.

Deuxième état : Avant une bordure distante de la gravure de quelques millimètres.

Troisième état: Avec une bordure assez large qui encadre la composition.

Cette pièce fort rare et superbe n’a point été gravée par Albert Dürer, de l’aveu même de Bartsch qui l’a cependant classée dans l’œuvre de ce maître. Le maniement de l’outil semble dénoter un burin italien, et nous ne serions pas éloigné de la donner à Marc -Antoine, qui l’aurait exécutée d’après un dessin évidemment d’Albert Dürer. Le paysage est le même que celui dessiné dans une pièce en bois de la suite de la vie de la Vierge, représentant Notre-Seigneur prenant congé de sa mère. B. 92.

Joachim Patenier. B. 108. Le portrait de ce peintre, dont les traits nous sont également connus par la gravure de Théodore Galle, n’a point été exécuté par Albert Dürer. Karel Van Mander, dans son Livre des Peintres, dit expressément que Corneille Cort a gravé ce portrait d’après un dessin fait à la mine d’argent sur une ardoise par Albert Dürer pendant son séjour à Anvers. Il no rappelle aucunement, d’ailleurs, le travail délicat du peintre de Nuremberg.

GRAVURES A l’eAU-FORTE ET A LA POINTE SÈCHE

Longtemps les historiens ont discuté pour savoir à quelle nation revenait l’honneur d’avoir découvert la gravure à l’eau-forte. Suivant qu’ils étaient nés en Italie ou en Allemagne, ils ont plaidé en faveur de l’une ou de l’autre nation. Les Italiens, s’appuyant sur un passage de Vasari, voulaient que Parmesan fût le premier qui ait employé ce mode de gravure. Mais cette opinion ne saurait être soutenue, et Zani en convient, puisque l’on connaît des estampes d’Albert Dürer, exécutées en cette rnanière dès 1515 et peut-être même dès 1512, alors que Francesco Mazzola n’avait que neuf ou douze ans au plus.

Les premiers essais de Dürer paraissent faits sur des plaques d’un métal plus tendre que le cuivre. Le travail à l’eau-forte s’y voit difficilement, et plusieurs amateurs, parmi lesquels se trouve Ottley, croient même qu’il n’existe point dans ces pièces. L’exécution presque entière de ces planches semble, en effet, être due à la pointe sèche non ébarbée et fortifiée de quelques tailles du burin. Aussi les toutes premières épreuves, d’une rareté extrême, sont -elles chargées de manière noire, comme dans les estampes de Rembrandt. Le succès répondit à souhait; ces pièces ne cèdent en rien aux gravures au burin proprement dites d’Albert Dürer, et cependant ce maître ne persista point dans cette voie. Peut-être trouva-t-il que ces planches, creusées légèrement à la superficie du métal, résisteraient trop peu au tirage.

Plus tard, en 1515, Albert Dürer fit de nouvelles tentatives qui ne paraissent point l’avoir plus satisfait que ses premiers essais. Cette fois, avec une pointe très -grosse, il traça ses sujets sur des plaques non pas d’étain , comme l’a avancé Bartsch , mais sur des planches de fer, ainsi que le prouve la découverte de celle sur laquelle il représenta Notre- Seigneur Jésus-Christ au jardin des Oliviers. Après avoir fait ses dessins dans le goût de ceux qu’il mettait sur bois, il les fit mordre, une seule fois, à l’eau-forte; aussi ces estampes frappent-elles par l’absence totale des plans, par leur aspect uniformément terne, qui en rendent la composition confuse à première vue. Les belles épreuves de ces six gravures sont extrêmement rares; elles se reconnaissent au manque absolu des taches d’oxydation qui peu à peu envahirent la planche.

1 . Sainte Véronique. B. 64. Celte pièce exquise, et d’une rareté extraordinaire, fut très-probablement exécutée entièrement à la pointe sèche; aussi la planche n’a-t-elle pu tirer qu’un très-petit nombre d’épreuves, et Albert Dürer, de son vivant déjà, l’offrait

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