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M. Prevost Paradol, dans un de ses brillants écrits, prédisait naguère à la race anglo-saxonre en Amérique, de bien magnifiques destinées. Selon lui, «les Etats-Unis compteront plus de 100 millions d'habitants à la fin du siècle et cela, sans tenir compte de l’annexion probable du Mexique et de l'extension de la république américaine jusqu’à l’isthme de Panama ; à côté d’une pareille puissance, le Brésil et les divers Etats de l'Amérique du Sud ne sont d'aucun poids et disparaîtraient le jour où il plairait aux maîtres du continent septentrional de s’etendre.» Si l’on en croit le célèbre publiciste, les ciances d'avenir, de viabilité pour la race latine au nouveau monde ne sont pas encourageantes. Il est toutefois permis d’avouer que ceux qui naguère se hâtaient de prédire stabilité et durée au naissant empire de l’infortuné Maximilien, appuyé sur les aigles napoléonniennes, se gaudissaiensun peu prématurément. Quelque soit, plus tard, le sort de la race anglosaxonne, l’histoire du passé fournit à la race latine des enseignements qu’elle ne saurait méconnaître. La désertion du Canada par la France en 1759.—la vente üe la Louisiane aux Etats-Unis en 1804—l’abandon récent de l'empire fondé au Mexique sous l'égide de l’EmpereurFrancçais, prouvent assez que la protection des métropoles européennes envers Le colon éloigné dépend quelquefois des exigences politiques—-quelquefois de l’intérêt—souvent du caprice du moment. M. Rameau a tenté de réunir en un faisceau, les ceps vivaces de la race latine dispersés dans le nouveau monde. Il donne ses raisons pour appuyer sa thèse : que le million de Français que renfermenotre Canada vivront et s’affirmeront comme peuple ; ses calculs ont autant J’actualité pour nous que les théories etles spéculations de M. Prevost Paradol.
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