REGRETS—SOUVENIRS
“ Nous cheminions rapidement l’un devant l’autre dans le sentier de la montagne, au sein des fougères et du thé sauvage dont les tiges nousinondaient d'une abondante rosée. Soudain notre chien d'arrêt d’aboyer énergiquement, puis : Wi-r-rr! Glouc ! Glouc ! la note d'alarme de la perdrix parmi les feuilles ; nous fimes feu ensemble et un beau jeune coq de bruyère à l'œil noisette, à la fraise noire, tomba palpitant, sur la rive d’un cours d’eau voisin. Mon camarade, bon luron, de s’écrier : «Excellent augure ! et pour nous préserver du rhumatisme et £e l'humidité, trinquons à la naïade du russeau, qui nous à valu ce coup ; puis nous mettrons à la broche notre perdreau pour notre repas du matin.”
Regrets—Souvenirs—Væœux d’un chasseur.
Grand St. Hubert.
Ora pro nobis ! !
O ! qui me rendra mes dix-huit ans,—mes joviaies chasses d'automne,—mon fidèle terreneuve,—mon grand fusil à canards, qui
ne rattait jamais: et pourtant oncques je ne fus chasseur que de menu gibier !
Nemrod, Ismaël, Esaü, Chiron, Pollux, Castor, ces messieurs adoraient la chasse, les chiens, les chevaux. «Ulysse fut blessé
(1) ‘Saint-Hubert, d’une famil:: noble d'Aquitaine, était dans sa jeunesse au service de Pepin d'Héristal, père 4: Charles Martel. Il aima d’abord le monde et la chasse avec passion ; bientôt les conseils de saint Lambert, évêque de Maestricht, lui firent embrasser l’état ecclésiastique, et quand saint Lambert mourut il devint évêque à sa place, en 708. À
Tout en détruisant le culte des idoles dans les Ardennes, le saint s'amusait à tuer les loups et les sangliers. Sa réputation s’étendit au loin ; il faisait des mi. racles, entre autres, la pluie et le beau temps, recette fort agréable pour un chasseur.
En 721, il transféra son siége épiscopal de Maestricht à Liége, dans la cathédrale qu’il fit bâtir, et mourut en 727.
Son corps, déposé d’abord dans cette église, fut transporté, par ordre de l’empereur Louis-le-Débunnaire, à l’abbaye d'Andain, dans les Ardennes, et dès ce moment, en l’année 825, cette abbaye prit le nom de Saint-Hubert.
Cette translation, approuvée par le concile d’Aix-la-Chapelle, se fit avec une gas pompe. L'empereur y voulut assister, tous les chasseurs l’accompagnèrent.
année suivante, on fit une procession commémorative de cette cérémonie, et de là, les pélerinages qui se font encore tous les ans.
La dévotion pour saint Hubert devint si grande, que tous les seigneurs des environs offraient à l’abbaye d’Andain les prémices de leur chasse et la dixième partie du gibier qu'ils tuaient chaque année : probablement saint Hubert ne les mangenit pas, mais les moines s’arrangeaient de manière que rien ne fût perdu, ”
—(Blare,)