VOEUX D'UN CHASSEUR
par un sanglier qu'il chassait: Mithridate, dans sa jeunesse, chassa pendant sept années consécutives, couchant toutes les nuits à la belle étoile : Darius fit écrire sur son tombeau qu'il avait été chasseur. Sylla, Sertorius, Pompée, Jules-César, Ciceron, Marc- Antoine, etc., étaient bons Veneurs» n'en voilà-1-il pas plus qu'il en faut pour ceux qui prennent pour modèles les grands chasseurs des temps antiques? Venandi studium cole! a dit Horace.
«Si Pepin-le-Bref fut élu roi des Français, dit Blaze, s’il devint la souche des Carlovingiens, il le dut encore plus à sa renommée de chasseur intrépide, qu’à l'honneur d’être fils de Charles-Martel. Pepin pourfendit un lion monstrueux et du même coup entama le taureau que ce lion étranglait. Cet acte de force et de courage imprima le respect aux nobles qui l’accompagnaient; dès ce moment, la déposition de Childeric fut résolue. »
« Par la chasse, on a de bons soldats, avec de bons soldats, on «conserve sa liberté» comme l’a dit Michel-Ange Blondus, dans son livre sur la chasse, dédié à François I.
La chasse au faucon—la fauconnerie—précéda la chasse au tir —laquelle ne s'affermit que vers 1630. La fauconnerie était sur- * tout l’'amusement des grands et des dames. Dans l’ancienne monarchie française, le Grand Fauconnier du Roi, était un personnage important. Les princes ct les prélats aimaient furieusement la chasse ; ils transportaient partout leurs oiseaux même dans les églises. On les plaçait pendant la messe, sur les marches des autels, au bord des chairs. Les dames suivaient la chasse, partout, le faucon sur le poing. C'était un plaisir de plus pour elles; aujourd’hui les chasseurs les laissent à la maison, et souvent c’est tant pis pour eux. ”
Et le chien, l'ami de l'homme, n'a t-il donc pas sa part des dangers et des plaisirs de la vénérie ?
En effet, dit encore Blaze, cette intelligence du chien qui prend le vent, qui marche avec précautions, qui châtonne est une chose admirable. Médor, mon fameux Médor, me rapportait un lièvre, chemin faisant, il tombe en arrêt sur un perdreau : Médor est immobile, la patte en l'air, le lièvre à la gueule; le lièvre, le chien, le perdreau, rien ne bouge. Quel tableau plus ravissant ! quel spectacle plus suave peut jamais inonder l’àme d’un chasseur de jouissances plus positives ! Quand on vait un trait pareil, ou nourrirait son chien avec des écus de six livres, si l’on en pouvait trouver encore. ”
Les chiens de chasse avaient eux aussi leur fête patronale en France à la Saint Hubert, car Saint Hubert a détrôné Diane. !
1 ‘‘On vient de réparer, au château de Chantilly, la chapelle où se célébrait la messe des chiens. Du temps des Condé, cette messe avait lieu chaque année à la
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