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NT PES

66 NOTES DE VOYACE.

torche et la dévastation au sein de nos campagnes, jusque dans les faubourgs de nos villes? A Montréal, au Fort St. Jean, Mont. comery régnait en maitre, Québec seul tenait bon.

Les annexionistes du temps, esquissés par le Col. Caldwell et l'avocat Sanguinet, posent, comme on a dû le remarquer, peu avantageusement. Maltraités quant au temporel, leur sort était peu enviable quant au spirituel. Les morts, enterrés sans fagon dans les champs, près des clôtures, avec les bêtes de fermes atteintes du charbon; les vivants privés de sacrements, heureux de pouvoir faire même des pdques de renard par le ministère du père jésuite Charles Carroll, plus tard archevêque de Baltimore, lequel accompagnait à Montréal son frère John Carroll, un des envoyés du Gongrès—(«On avait espér®, dit Bancroft, que son caractère servirait à «tempérer l opposition du clergé canadien.» »

Malgré les défections que l’on voyait parmi les Anglais et les Canadiens, causés tantôt par les promesses séduisantes, tantôt par les menaces, le pillage et les exactions du! double traître Arnold et de ses sans-culottes, la majorité du peuple se déclara pour la monarchie etnon pour la république, —pour défendre ses foyers et non pour accepter la démocratie.

En l'absence d’autres chefs politiques, Les paysans canadiens se rangèrent en grande partie sous la bannière de leurs seigneurs, dociles à la voix de l'évêque Briand. Au combat de Saint- Pierre, connu aux anciens Canadiens sous le nom de l'affaire de Michel Blais, on trouve au moins trois seigneurs Canadiens, d’abord le capitaine Louis Lienard de Beaujeu, qui avait servi à Michellimakinae, vers 1759, et qui, en l'automne de 1775, conduisit un nombreux détachement de volontaires au secours de Carleton à Montréal alors aux mains de Montgomery. Dévouement inutile, il traversa le fleuve vis à-vis Montréal et fut contraint de fuir devant les nombreuses hordes des envahisseurs. Plus tard, il retourna dans son manoir à l'Ic-aux-Grues, et mourut en 1797. Notre ami, M. P. A, DeGaspé, nous dit avoir assisté à son lit de mort. Notons au susdit combat la présence d'un autre srigneur canadien, Jean-Baptiste Couillard, seigneur du fief Lepinay à Montmagny, puis un troisième, Ignace A. DeGaspé, le grand-père de l'auteur de »s Anciens ( anadiens, seigneur de Saint-Jean-Port-Joli. Ils étaient en bonne compagnie, ces braves chefs royalistes, ayant à leur côté Messire Chs. Frs. Bailly, alors directeur du séminaire de Québec, mort coadjuteur du diocèse.

N'allez pas croire pour tout cela que les royalistes de 1776 n'2-

L Benedict Arnold fut un double traître : d'abord à l’Angleterre—plus tard aux Provinces de l'Amérique: il oërit de livrer West Point aux anglais moyennant

{30,000 et la rete mtion de son grade dans l’armée anglaise ; méprisé de tous, il mourut à Londres, —juin 1801.

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NOTES DE VOYAGE. 67 vaient pas de temps à autre des mécomples, aussi bien que Îles annexionnistes. Ainsi, non seulement le combat de St. Pierre se termina par un sauve-qui-peut général, où les vaincus faillirent être scalpés jusqu'au dernier ; mais le capitaine De Beaujeu, frère du héros de la Monongahela, sanva ses jours par un expédient assez burlesque. {se blottit dans un ratelier, dit-on. La fortune des plus grands cœurs, tourne quelquefois au comique. Le féroce Marius, envasé jusqu'au menton dans les marais de Minturne,! «avec un mouchoir de poche sur le chef» pour le garantir des courants d'air ; le courageux Jeff. Davis, ex-président des confédérés du sud—enjambant quatre à quatre les clôtures de la Georgie, encombré, pour ne pas dire vêtu.—d'une ample crinoline ; le frère du vainqueur de Braddock, de Beaujeu, tapi sous une botte de foin dans un ratelier, voilà bien de tes coups, inconstante Déesse, que les pauvres mortels nomment La Fortune, Plus tard, le 6 mai, à l'arrivée des frégates Zsis, Surprise et Martin, c'était le tour des annexionnistes de se cacher—la tradition nous laisse ignorer où se blottirent ces patriotes en détresse.

Que d’autres singuliers incidents pour le chroniqueur dans cette mémorable invasion projetée par Washington, et par noir ancien maître de poste, Benjamin Franklin ?

I est curieux de noter combien de circonstances peu importantes en elles mêmes, mais propres à peindre les hommes et les emps de 17%, se dévoilent chaque jour, grâce aux sociétés Historiques du Massachusetts, du Rhode-lsland, de New-York, du Wisconsin, aussi bien qu'à celles du Canada, qui toutes ontrivalisé depuis un certain temps, à publier des documents historiques sur les palpitantes périodes de 1759 et 1779-6,

Jared Sparks et Bancroft, tous deux parlent de là terreur que la simple méprise d'un mot causa parmi nos paisibles campagnards. Plusieurs des guerriers du «trafiquant de chevaux,» Arnold, portaient, comme par-dessus, des blouses de toile :? on fit circuler qu'ils étaient vêtus en tôle, et l'Attila de 1775, Arnold, passa bientôt pour le chef d'une bande féroce, bardée de fer—à l'épreuve des balles.

Ce qui, pourtant, dit la tradition, ne l'empècha pas de laisser en chemin, dans la rivière, à un endroit appelé Jersey, dans Saint- George de la Beauce, le coffre-fort de l'armée, contenant les financo: fournies par le Congrès ; malgré les tentatives réitérées qui ont éte faites, ces années dernières, pour recouvrer le susdit coffre en fer, plongeurs, clairvoyance, magie blanche, magie noire, on le

1 Beckett's Comie History of Rome,

> Lossing's Field Book.

cherche encore. Dernièrement, un plongeur ramenait à la surface un bloc de pierre en guise du coffre-fort tant convoité: voilà

tout.

Au moyen des relations de témoins oculaires du blocns de Québec en 1775-6, on peut suivre pas à pas les acteurs dans cette lutte mémorable ; on recueille leurs sentiments intimes, leurs discours; on leur arrache, pour ainsi dire, le secret de toutes leurs démarches; on touche du doigt le ressort de leurs actions.

On voit que la batterie des Bostonnais à la Pointe-Lévis se compo sait de three light quas cul one, et celle à la traverse, que nous crayons vouloir désigner la Pointe Argentenay à l'Ile d'Orléans. l'ancienne traverse, n'était que de deux canons.

L'officier qui commandait la batterie à la Pointe-Lévis, était le colonel Clinton (plus tard le général Clinton) père du célèbre De Witt Clinton !

Le journal du Docteur Isaac Senter, mentionne le nom de l'offi cier qui défit les royalistes du curé Bailly, comme étant le major Dubois.

Le journal de Meigs dépeint l'Hôpital-Général, où le chapelain des Bostonnais, le Révd. Samnel Spring, prècha un sermon le jour de Noël 1775, «comme étant» erceedingly elegant inside and richly decorated with carvings and gilt works.

Le journal de Henry (plus tard le juge Henry) dit que les mar chands de Québec obtinrent la permission du gouverneur Carleton, de faire cadeau le jour de l'an 1776 d'une barrique de porter avec du fromage et du pain aux Bostonnais prisonniers,

Le journal de Melvin peint ainsi le dépit et Les diables bleus des prisonniers. «March 1%th. The gquard set over us are ot frenchmen and boys, ho are very sauey, telling us we shall be hanged, pointinq their bayonets at us : threatening to shoot us for opening à window, or any such Lrifle.

En d'autres temps le susdit Melvin se moque de ses compatriotes comme suit : «Same day, (LOth may 1776) hco Jersey dumpling eaters were brought in; they were found among the busl'es, not having tried to make their escape, being too hear, laden ivith dumplings and pork, having forty pounds of port, à kuupsack full of dumplings and a quantity of flour.»

Le juge Henry peint comme suit l'officier Bostonnais qui commandait à l'Ile d'Orléans: «Lieutenant William Cross» a handsome little frenchman, always neatly dressed, and eommanded a detachement of about tiventy men 2? Ailleurs il donne le nom de l'officier qui commandait les pionniers charger de baiser les arbres pour œuider l'armée d'invasion comme étant le capt. Avres.

1 ‘The Sexagenery p. 44,

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