BIJOUX & ORNEMENTS
Fig. 1, Chaïnette en fer de 0m 24 de longueur, trouvée le 5 Août 1885, dans la Sépulture no 719; c'était celle d’une jeune chrétienne, qui portait sur sa poitrine deux Fibules jumelles cruciformes, type Grec, en bronze argenté reliées entre elles par une Chaïnette en fer, qui, malgré la finesse de ses Mailles, nous est parvenue intacte. C'était le seul Ornement de cette Mérovingienne.
Fig. 2, Chaînette en bronze, de 0" 30 de longueur, dont les Anneaux doubles, tordus en forme de 8, s’ajustent l’un dans l’autre sans aucune espèce de soudure ; leur extrême fragilité fait que Yon en trouve très-rarement; c’est donc une Pièce rare qui entre pour la première fois dans la Collection. Cette Chaïînette reliait entre elles, deux petites Fibules en bronze, de forme dite Canon, placées à chaque extrémité; l’une et l’autre sont dans un parfait état de conservation ; leur Ressort, et leur Épingle qui était destinée à être fixée dans l’étoffe d'un Vêtement, fonctionneraient encore : ces Épingles, par exception, sont en
bronze et non en fer, et c’est à cette cause qu'est dûe l’absence de toute rouille qui qu
compromet toujours l'état des Bijoux.
Une particularité qui dénote bien certainement la volonté du défunt, ou les sentiments religieux de la famille, c’est la présence d’une Bague avec Croix sur le châton, qui a été intentionnellement réunie par un nœud à la chaîne, de manière à placer le Symbole chrétien sur la poitrine du défunt; c’est dans cette position que nous l'avons trouvée le 13 Août 1885, dans la Sépulture no 732, en pleine terre.
La forme de cette Bague diffère essentiellement de celles qu’on rencontre fréquemment dans les Sépultures Mérovingiennes. L’Anneau est agrémenté à l'extérieur de deux petits motifs de Perles en forme de trèfle qui nous ont été plusieurs fois signalés comme constituant une fabrication de Bijouterie spéciale. Ce sujet avait aux pieds un Vase en terre, et une petite Hachette en silex, d'un poli remarquable.
La fig.3, est un beau Collier composé en partie de fortes Perles en ambre et en verre de couleurs variées; il a été trouvé le 8 Mai 1885, dans la Sépulture n° 45, au cou d’une Mérovingienne avec une Épingle styliforme, fig. 10, vers la tête, et au bras un Bracelet en bronze.
On remarque au bas du Collier, une Plaque en cornaline qui, nous dit-on, semble unique jusqu'ici.
« Nous voyons dans le Glossaire Archéologique, par Victor Gay, page 428, que la » cornaline, jadis connue sous le nom de Corniole a tenu une place importante dans » l'Histoire Merveilleuse des Gemmes et des Pierres d'Israël. Elle était prouffitable et » précieuse, car quand on la porte pendue à son cou, où à son doy, elle apaise et adoucit » les res et les Courroux et étanche le sang de quelques membres. »
Cette Plaque peut donc être considérée comme Ornement et Amulette.
La fig. 4, Bracelet Gaulois en fer. La Sépulture no 683, dans laquelle il a été découvert, a offert certain intérêt, par la présence d’Objets positivement Gaulois, dans une tombe Mérovingienne; ce fort Bracelet en fer est tout-à-fait identique à celui que nous avions trouvé le 2 Juillet 1877 (il y a huit ans, à Arcy-Sainte-Restitue). Il a la même dimension, la même difformité à l’une de ses branches; aucune confusion n’est possible entre le Bracelet Mérovingien et celui-ci, car sa forme en diffère essentiellement.
Le Mérovingien, fig. 5, accuse à l’extrémité un renflement rappelant l’ancienne Baguette à fusil, tandis que le Bracelet Gaulois, fig. 4, a son extrémité presque pointue, et le renflement au contraire au milieu. À la ceinture du sujet était une Boucle ronde en fer, avec Ardillon adhérent et mobile qui est aussi le type des Anneaux Gaulois, dont nous avons représenté plusieurs similaires PI. XI, fig. 5 et 6.
Fig. 6, Grande Médaille Romaine, en bronze. Voici la description d’une Pièce similaire
dans le Catalogue de la Collection Sabatier, imprimé à Saint-Pétersbourg, en 1852.
« Au droit IMP. (erator) CAESAR. DIVI.
» EF. (ilius) DIVI. IVLI.
» Aurevers GC. (olonia) TI (ulia) V (iennensis) » Proue de Vaisseau
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ES TEE LE
» Gette Pièce sans être très-rare, n’est pas commune. Elle a été frappée en Gaule, à
» l'atelier monétaire de Vienne (Dauphiné). Les deux têtes sont celles de César et de son » neveu Auguste. »
Les deux espèces de Tenons qu’on remarque sur le bord de la Pièce sont un reste du moule où les Pièces étaient roNDUES en chapelet, puis séPARÉES, et enfin frappées.
Nous devons ces renseignements à l’obligeance d’un savant archéologue et numismatiste M. Geslin.
Fig. 7, Groupe de Bagues dont deux en argent, une en bronze avec chaton marqué dune Croix; elles ont été recueillies entourant encore toutes les trois la phalange d’un doigt de femme, qui portait une Épingle en bronze vers la poitrine.
Fig. 8, Bague en argent avec chaton orné d’un grenat.
Fig. 9, Épingle de toilette en bronze doré orné d’une Perle saillante: elle a été trouvée dans la Sépulture no 526, le 4 Juillet 1885, sur la poitrine d’une Mérovingienne qui avait au cou un Collier de quatre-vingt perles en pâte de verre émaillé de diverses couleurs, au bas duquel était suspendu un petit Bronze de Constantin Ier. Deux Fibules rondes en bronze argenté reproduites PI. 55, nouvelle série, fig. 10. s’y trouvaient aussi.
Fig. 11, Aiguille en bronze.
Fig. 12, Fibule dite ansée.
Fig. 13, Fibules cruciformes trouvées avec la fig. 14, Fibule en bronze doré à verro-
terie, près d’un Collier de Perles et deux Boucles d'oreilles en argent.
Fig. 15, Petits Crochets de sûreté en bronze pour Bijoux.
Fig. 16, Bouton orné.
Fig. 17, Perle cotelée en pâte de verre.
Fig. 18, Fragment de Chaîne en bronze.
Fig. 19, Grande Croix, type Grec, en bronze, recueillie le 22 Août 1885; l'envers de la Plaque porte trois Appendices qui servaient à fixer cette Pièce. Elle n’a pour Ornement que trois Points gravés sur chacune des branches de la Croix.
Selon l'Abbé Martigny, aucun Monument daté ne présente avant le Ve siècle la Croix dite Jmmissa ‘ non plus que celle appelée Grecque ou équilatérale + — Ce renseignement peut servir pour déterminer l’Époque de la Nécropole dAiguisy (1).
En résumé, on reconnaît que les Sépultures d’Aiguisy, ont montré une grande analogie (au point de vue chrétien) avec celles de Charnay en Bourgogne, et comme M. Baudot, dans les Antiquités de la Côte-d'Or, nous pouvons dire :
La Croix s’est montrée dans les Sépultures d’Aiguisy, sous les formes les plus variées et les plus indiscutables; plusieurs Archéologues avaient pensé que celles rencontrées sur
certaines Plaques, Boucles et Bijoux, devaient être considérées comme un simple
() Dictionnaire des Antiquités chrétiennes, page 214.
ornement dont la forme était due au hasard, ou au caprice de l’ouvrier, plutôt que comme un symbole au signe religieux. À Aiguisy, l'intention ne peut-être révoquée en doute, les preuves en sont trop abondantes et trop bien caractérisées, comme on peut en juger par les divers spécimens que nous avons déjà présentés au texte de la PI. 49, nouvelle série, et par le nombre d’Objets cruciformes reproduits sur cette Planche. À
La population d’Aiguisy était done incontestablement chrétienne.
Ce n’était pas, bien certainement, un poste militaire; nous croyons en trouver la preuve dans l’extrême rareté des Armes faisant partie du Mobilier funéraire de cette Nécropole.