‹ Album CarandaChapitre 5 sur 6 · DANS LES DEUX · texte numérisé non relu

DANS LES DEUX

Départements limitrophes l'AISNE et la MARNE

Au moment de clore notre Album Caranda, nous recevions une brochure de M. le baron Ch. Remy qui nous rappelait que déjà, il y a quelques années, M. Auguste Nicaise, archéologue

bien connu, avait signalé dans des Sépultures Gauloises, explorées par lui en Champagne,

des femmes portant au cou le Torque en bronze. On n’y fit pas alors assez attention.

Aujourd’hui, le même fait vient d’être révélé, pièces en mains, d’une façon irréfutable par notre excellent Confrère M. Léon Morel dont les immenses travaux archéologiques, dans l'intérêt de la science, sont connus de tous.

Retiré à Reims, il vient de confier la description de sa riche collection à M. le baron Ch. Remy, membre distingué de l'Académie nationale de Reims.

Ce savant, dans une très intéressante introduction, aussi flatteuse pour le collectionneur que méritée par lui, fait faire un nouveau pas à la question controversée jusqu'alors

du port des Torques par des fermes, à l'époque de la Gaule indépendante (1).

(1) Reims, imprimerie Matot-Braine, 6, rue du Cadran.

Mais laissons la parole au baron Ch. Remy.

« D’après l’histoire, le Torque était, dans le principe, le signe de l'autorité. Les chefs de tribus, les chefs de familles, portaient le Torque. Dans la suite, le Torque était donné par un prince à un particulier qu'il voulait élever en dignité. C’est ainsi que Pharaon donna un Torque à Joseph, en l’établissant le second de son empire. Plus tard, il était accordé comme une haute récompense, pour une action d'éclat, comme Manlius Torquatus. En Champagne, les habitants de la Gaule Belgique étaient fiers de le porter et c’est ainsi que M. Morel a pu en réunir 110, nombre considérable qu'aucun collectionneur n’a pu atteindre jusqu'ici, à l'exception bien entendu du Musée de Saint-Germain. Fil a été à peu près établi, ces derniers temps, qu'en Champagne, les femmes Gauloises, comme leurs époux, portaient le Torque, M. Morel a pu constater, plusieurs fois que les enfants

le portaient également, ainsi que le prouvent trois Torques d'enfants de sa collection.

» Le baron Ch. Remy, ne néglige aucuns détails et appelle l'attention sur la Sépulture d'enfant de Sommesous qui contenait avec les Crampons du petit cercueil et le petit Couteau en fer, deux Fibules jumelles, un Bracelet rond, et un petit Torque ovale, forme jusqu'ici inusitée, ces trois derniers objets en bronze.

» Il est à remarquer, surtout à Courtisols (Marne), ajoute M. le baron, que dans deux tombes féminines, le grand cercle de bronze, que nous appelons Torque, n’était pas passé dans le cou; mais reposait au-dessus de la tête, à quelques centimètres au-dessus du

crâne, en forme de couronne funéraire.

» Selon M. le baron Ch. Remy, les Torques les plus remarquables dans la Collection Morel, sont les deux qui sont ornés de têtes humaines. Indépendamment des Torques trouvés dans les Sépultures de Gauloïises, la coquetterie féminine s'affirme dans la Collection de M. Morel, par plus de 250 Bracelets ou Anneaux de jambes en bronze, en verre, en jayet ou bois fossile {lignite] et par plus de 80 Fibules en bronze richement ornées et décorées de dessins, de coraux, d’ambre, etc. Plusieurs sont jumelles, c’est-àdire réunies par paire au moyen d’une chaînette de bronze. Les Fibules de fer sont nombreuses, et on les trouve souvent plus détériorées dans les Sépultures des hommes que dans celles des femmes. Les Perles de verre multicolore, les Grains de verre bleu, d’ambre, de corail, au nombre de plus de trois cents, constituent les Bijoux ou Parures des dames Gauloises. Ajoutons des Boucles d'oreilles en bronze, une jolie paire en or du Cimetière de Marsan, deux Anneaux de doigts aussi en or, l’un de la Sépullure de femme du Mesnil-les-Hurlus, et autre du chef Gaulois inhumé sur son char à Somme- Bionne.

» Comme on le voit dans l’intéressant récit de M. le baron Ch. Remy, d’après les constatations de M. Morel et les nombreuses preuves qu’il met à la disposition du public dans son Musée, notre confrère établit positivement que dès l’époque de la Gaule

» indépendante, les femmes Gauloises comme leurs époux et leurs enfants portaient le » Torque dans le département de la Marne. »

En ce qui concerne les Sépultures Gauloises que personnellement, nous avons explorées, depuis vingt ans dans le département de l'Aisne et dont chaque année, nous avons rendu compte dans Album Caranda, aucune confusion, dans le sexe n’était possible, car nous avions pris le soin d'insérer dans nos Procès-Verbaux, les deux mentions significatives

que voici, à l'égard de la plupart des Sépultures qu’on décrivait.

Page 1