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TORQUES SANS ARMES — ARMES SANS TORQUES

Mais c’est surtout aux Grévières de Ciry-Salsogne (arrondissement de Soissons), que toute erreur était impossible dans la classification des sujets visités, attendu que les Sépultures de femmes, étaient séparées de celles des hommes. Là, nous y avons recueilli successivement 40 Torques, sans armes, de différentes formes et dimensions, proportionnés sans doute à l’âge ou à la fortune de chaque défunte,

Dans l'arrondissement de Château-Thierry qui nous a fourni aussi de nombreuses Sépultures Gauloises, les mêmes soins ont été apportés pour constater exactement chaque

rencontre de Torque quand elle avait lieu, dans des Sépultures de femmes.

À ce jour, le nombre des Torques en bronze recueillis par nous, dans les deux arrondissements de Soissons et de Château-Thierry, s'élève à plus de cent dont les Planches 154

et 155 incluses, reproduisent quelques spécimens.

Dans ce nombre on en remarque une trentaine, au moins, de faibles dimensions et sans aucuns ornements qui avaient été trouvés au cou de jeunes filles : Ces Pièces dont on comprend toute importance, malgré leur simplicité, sont précieusement conservées dans

des vitrines spéciales avec les petits Bracelets qui entouraient les bras des fillettes.

Il suffit de jeter les yeux, sans parti pris, sur ce groupe de Torques, de Bracelets et de

Fibules, pour reconnaître qu'ils n'ont jamais pu faire partie de l'équipement d’un Guerrier, même dun chef. Ce ne sont évidemment que des objets de toilette ayant appartenu à

d’élégantes Gauloises et à leurs fillettes.

En effet, soulevons un des coins de la charmante toile, dont nous donnons ici un gracieux aperçu. On voit que M. Albert Maignan y fait ressortir, de main de maître, la grâce avec laquelle une jeune Gauloiïse sait porter : Au cou le Torque légendaire, aux oreilles des Boucles d'oreilles en or, au petit doigt la Bague, aux deux bras des Bracelets de formes variées et sur la poitrine de jolies Fibules jumelles réunies par paire au moyen d’une

Chaïnette en bronze, tous Objets qui constituent la Parure d’une femme.

Nous ne pouvions vraiment pas espérer de rencontrer un auxiliaire plus autorisé,

plus charmant dans ses œuvres que M. Albert Maignan, lun des lauréats de la grande Médaille à l'Exposition des Champs-Elysées.

Félicitons donc M. le baron Ch. Remy, de son excellent travail qui nous à entrainé à intervenir dans la question des Torques. Nous ne regrettons pas notre intervention puisqu’elle nous donne l’occasion d'entretenir nos confrères de nos travaux de l’année et d'appeler particulièrement leur attention sur le nombre de Sépultures féminines avec Torque, que nous venons de décrire, et qui, réunies à celles découvertes par M. Morel forment un ensemble considérable qu’il était bon de leur signaler dans l'intérêt de l’histoire.

Qu'on nous permette aussi une réflexion? Après les importants travaux si complets, si désintéressés qui, depuis trente ans, dans le département de la Marne, ont été accomplis avec tant de zèle, de méthode et de succès par MM. Léon Morel, Auguste Nicaise, baron de Baye et Fourdrignier, ainsi que dans le département de l'Aisne, par MM. J. Pilloy, Eck de Saint-Quentin, et par nous-même, ne doit-on pas maintenant s'incliner devant le port des Torques par les Gauloises dans les deux départements limitrophes l'Aisne et la Marne, et ne plus leur refuser le droit à un usage, dont à l'époque de la Gaule indépendante, elles paraissent avoir joui, sans trouble, dans les deux départements précités : droits el usage, qui reposent sur des nombreux faits incontestés et sur des preuves de toute authenticité, enfin, sortes de privilèges, dont nos aïeules faisaient une si charmante application en Parures du meilleur goût: ces Torques, au nombre de 110, recueillis intacts dans les Sépultures de la Marne, malgré un séjour en terre de plus de vingt siècles, sont encore aujourd’hui l'honneur de la collection Morel, si bien décrite par le baron Ch. Remy.

Enfin, on sait avec quels soins et quel empressement l’Album Caranda ne manque aucune occasion de rendre à César ce qui appartient à César: Eh bien, en voici une nouvelle preuve fournie par la Planche 456, que nous signalons à nos lecteurs, comme

sante toilette d’une jeune Gauloise parée du Torque,

reproduisant avec exactitude lintére des Bracelets et des Fibules, d’après un tableau de M. Albert Maignan. Vraiment notre élégante aïeule ne méritait pas d’être exclue plus longtemps de

l'Album Garanda !

Paris, Février 1894.

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