W^" COTTIER, CHATEAU DE CANGÉ
La confrérie de Notre-Dame-du-Puy, établie à Amiens au moins dès 1389, était une association à la fois pieuse, littéraire et artistique. Chaque année une devise, adoptée par le maître ou président, servait de sujet aux chants roi/aux composés par les confrères en l'honneur de la Vierge. x\ partir de 1451 , cette même devise « dut en même temps servir de thème pour un tableau allégorique, dont la Vierge était constamment le principal personnage. On y voyait presque toujours aussi le portrait du maître du Puy qui l'avait offert, et assez ordinairement les portraits des membres de sa famille et des personnes de qualité qu'il voulait honorer ».
D'abord le tableau offert à la Vierge du Puy et placé en cérémonie , le jour de Noël, dans la cathédrale, y restait exposé durant une année, au terme de laquelle il faisait place au tableau du maître nouveau. En 1490, il fut décidé que les tableaux demeureraient attachés aux piliers de la cathédrale. Il en fut ainsi jusqu'en 1723, époque où le chapitre fit enlever cette collection si précieuse , dont la conservation nous eût fait connaître , année par année , l'état et les progrès de la peinture en France pendant plus de deux cents ans.
En 1517, François I" étant venu à Amiens avec Louise de Savoie, cette princesse manifesta le désir de posséder un recueil des poésies et un souvenir des peintures de la confrérie du Puy. Le manuscrit exécuté à cette occasion, et qui est conservé aujourd'hui à la Bibliothèque nationale sous le n" 6811, renferme quarantehuit chants royaux et autant de grandes miniatures. Deux échevins amiénois se rendirent au château d'Amboise, où se trouvait la mère de François 1", et lui offrirent solennellement le recueil.
Le tableau de la confrérie du Puy d'Amiens, qui a figuré à l'exposition de