M-"^ LOUIS AUVRAY, A TOURS
Parmi les deux cents tableaux environ que l'on connaît de Greuze, les portraits sont fort peu nombreux, et l'on ne cite guère de lui en ce genre que ceux du peintre Jeaurat, du graveur de Wille, de Diderot et le sien propre. Le portrait de M'"® Mercier (morte en 1841) ajoute à la série une pièce intéressante, où les draperies sont moins négligées que d'habitude, et où Greuze a abordé le blanc dans toute son intensité, ce qui est arrivé à peu de peintres célèbres. Les coloristes, en effet, ont rarement osé le blanc, par cette raison que l'ensemble des vigueurs du tableau fait paraître d'une blancheur éclatante telle draperie dont le ton propre n'est peut-être que du jaune de Naples^
yime Mercier est vêtue d'une robe de mousseline, garnie de rubans bleus aux manches et à la ceinture. Un ruban également bleu et des perles se détachent dans ses cheveux châtains. La figure, aux joues rosées, est celle d'une jeune fille gracieuse et pure. Le regard, vague, indécis, trahit la rêverie de l'inconnu. La gorge est d'une admirable rondeur. La poitrine repousse les volants de la robe et cherche les caresses de la lumière.
La peinture est admirablement conservée , et c'est à peine si l'on aperçoit les quelques retouches faites au front et à la joue droite.
' Histoire des peintres de toutes les écoles, par Charles Blanc.
EXPOSITION DE TOUl^S