COMTE DE BLAGAS, AU CHATEAU D'USSÉ
Il y a sept ou huit ans, ce buste, dont le caractère italien frappe au premier abord, était absolument inconnu. C'est au cours de nos recherches sur les œuvres de la Renaissance en Touraine, que nous en avons fait la découverte dans les parties hautes du château d'Ussé, dont M"^<^ la comtesse de la Rochejaquelein était alors propriétaire. L'héritier de M™^ de la Rochejaquelein, M. de Blacas, lui a rendu la place d'honneur qu'il méritait.
Mais comment ce buste est-il venu en Touraine?
On sait que Fouquet, le célèbre surintendant, était grand amateur d'objets d'art et de curiosités; des commissionnaires spéciaux voyageaient pour lui en Italie, en Égypte, etc. Dans un livre fort intéressant, publié il y a quelques années, M. Edm. BonnafPé a fait connaître tout ce qui était conservé, soit au château de Vaux, soit à Saint -Mandé, près Vincennes. Lors de la dispersion de ces deux collections, un personnage, d'assez humble origine, nommé Bertin de Valentinay, qui avait réussi à acquérir le château d'Ussé , et à faire de son fils le gendre de Vauban, acheta un certain nombre de pièces, notamment deux momies, aujourd'hui au Louvre, que la Sauvagère a dessinées dans ses Antiquités de Touraine, et pour lesquelles Vauban, dans sa transformation des terrasses du château, ménagea deux réduits, encore existants.
Or, dans le catalogue de Fouquet, figure, — seul de son espèce, parmi nombre de bustes antiques, — un buste à mi-corps, moderne, présentant cette particularité d'avoir le nez cassé. C'était, en effet, le cas du buste d'Ussé, dont le nez a été restitué par les soins de M. de Blacas. L'identité paraît certaine.
Dans la collection Fouquet, ce buste n'avait reçu aucune détermination. Il n'est cependant pas impossible , croyons-nous , d'arriver à savoir quel personnage historique il représente. Et d'abord, cette coupe à mi-corps, ces manches relevées sur les