PL. XXXVI
0^, Dujardin
EMAUX DU MOYEN- ÂGE
Imp, Eudes, Paris
IVOIRES
1" Olifant, ivoire, travail oriental, xif siècle. — Longueur : 0,57; diamètre à la base : 0,085. — Musée Saint- Jean, à Angers.
On ne sait pas au juste de quelle église provient cet olifant. Suivant les uns, il aurait appartenu à la cathédrale d'Angers, et ce serait lui dont parlerait un inventaire du xviii° siècle. Suivant d'autres, il aurait fait partie du trésor de Saint -Florent -le -Vieil. Enfin Bruneau de Tartifume, l'un des savants annalistes d'Angers, prétend qu'il se trouvait jadis à l'église Saint- Jean- Baptiste de cette ville.
Dans tous les cas, nous sommes très certainement en présence d'une pièce d'origine orientale, et les sujets représentés au pourtour de la partie inférieure ont trait à des scènes de chasse. On y voit, en effet, d'après l'abbé Corblet, une lionne blessée par une flèche, que trois chiens, acharnés après elle, vont mettre en pièces; mais un chasseur arrête de la main gauche un de ces animaux furieux, et se prépare à frapper la lionne du coutelas qu'il tient à la main. En avant, un jeune homme nu, assis sur un chameau caparaçonné à l'orientale, considère cette victoire et sonne l'hallali avec un olifant. Le chameau est tenu par un personnage également nu, qui est sans doute un Ethiopien. Ce triomphe des chasseurs doit effrayer tous les animaux de la forêt. Pour en exprimer l'idée, l'artiste a représenté deux animaux qui s'enfuient en foulant aux pieds des arbres, et un pauvre lièvre également plein d'effroi. Leurs queues se terminent en têtes de chiens aboyants; c'est sans doute pour faire comprendre que les chiens sont à leurs trousses. S'ils ont des ailes, c'est probablement par suite d'une fantaisie d'artiste, qui a voulu naïvement exprimer par là que la peur donne des ailes à tous les animaux de la forêt.
Cette explication de M. l'abbé Corblet paraît très vraisemblable, au moins dans l'ensemble, sinon dans les détails. Elle est conforme au caractère oriental de cet olifant, qui, après avoir servi à rassembler les chasseurs, s'est fait entendre durant des siècles dans les églises, le jour du vendredi saint, où il remplaçait la crécelle.
IVOIRES
2° Vierge, ivoire, dernières années du xiii" siècle. — Hauteur : 0,31. — M. l'abbé Froger, au Mans.
Draperies tombant avec beaucoup de grâce. Il est dommage que cette Vierge, qui devait tenir dans la main droite un lis ou une fleur quelconque, soit mutilée.
3" Vierge, ivoire, xn' siècle. — Hauteur : 0,115. — M. de Farcy, à Angers.
4° Revers de miroir, ivoire, xiv" siècle. — Diamètre : 0,09. — Musée Saint-Jean, à Angers.