‹ Album de l'exposition rétrospective de ToursChapitre 76 sur 104 · STATUETTES-RELIQUAIRES · texte numérisé non relu

STATUETTES-RELIQUAIRES

Mî^'" Dupanloup mort le 11 octobre 1878), présente à sa partie antérieure un curieux verre églomisé, où figure le Christ entre la Vierge et saint Jean, mais dans l'ordre contraire aux traditions de l'iconographie religieuse, c'est-à-dire la première à gauche et le second à droite. Les autres médaillons sont : l'un, par derrière, en lapis-lazuli ; les autres, en verres de couleur.

OBJETS DIVERS

1° Reliquaire en forme de coutelas, argent doré, xv" siècle. — Longueur : 0,16.

— Evêché d'Angers.

Voilà un reliquaire dont la forme n'est certainement pas commune. D'habitude on s'ingénie à rappeler la partie du corps saint offerte à la vénération , et , suivant les cas, nous avons des chefs, des bras, des mains, des pieds, des jambes, voire même des genoux, des mâchoires et des côtes. Les orfèvres ne se laissent arrêter par aucun obstacle, et tout, dans leurs mains, prend généralement un cachet d'extrême élégance. Mais ici c'est le genre de supplice infligé par le bourreau que l'on a voulu indiquer. Comme il s'agissait d'un reliquaire destiné à une confrérie de Sainte-Catherine existant jadis au village du Pin -en -Manges, dans le département de Maine-et-Loire, la forme adoptée fut celle du coutelas, qui remplaça la roue miraculeusement brisée.

Ce précieux reliquaire, dont le curé ignorait même l'existence, a été découvert, en 1861 , au fond d'une caisse remplie des papiers de l'ancienne confrérie. Donné alors au musée en formation à l'évêché d'Angers, il excita vivement l'attention des connaisseurs. Néanmoins nous ne croyons pas qu'il ait été l'objet d'une étude sérieuse avant 1884, époque où parut dans le Bulletin monumental (346-353) l'article suivant : Un reliquaire du xv" siècle, par M?^'' X. Barbier de Montault :

« Sur une âme de bois, dit ce dernier, a été appliquée une mince feuille d'argent doré, qui est rabattue et maintenue au dos par de petits clous à tête ronde.

« La poignée se bifurque à l'extrémité, et la traverse qui tient lieu de garde, relevée d'un côté, abaissée de l'autre, a pour tout ornement un pointillé sur ses deux faces. Quant à la lame, dont le tranchant s'arrondit, tandis que le dos s'évase, puis fait un ressaut pour atteindre la pointe, elle porte une thèque carrée, abritant, sous un verre , un ossement absolument de même forme , mais assez épais ; car il a fallu creuser le bois pour lui faire place. »

2° Aiguière, argent, parties dorées, milieu du xvf siècle. — Hauteur ; 0,22.

— M. le colonel Babinet, à Poitiers.

Quand on parcourt les inventaires, on est véritablement effrayé de la quantité

OBJETS DIVERS

de pièces en oi" et en argent possédées par les princes et grands seigneurs d'autrefois. Mais cette richesse mobilière ne doit pas faire illusion ; car il n'y avait là , en réalité, qu'une réserve dans laquelle on puisait à l'occasion. L'argent ne rapportant rien, vu l'absence de crédit, on préférait l'utiliser à son usage que de le laisser dormir dans des coffres. Mais une guerre venait- elle à survenir, les dressoirs étaient aussitôt dégarnis, et les objets les plus précieux sacrifiés sans pitié. C'est ce qui explique la disparition de tant de merveilles, que nous serions si heureux de posséder aujourd'hui.

La belle aiguière de M. le colonel Babinet a été sauvée d'une manière étrange. Ensevelie avec d'autres objets mobiliers sous les décombres du logis dit de la Reine, au château de Lusignan, durant le siège de 1569, elle n'a revu la lumière qu'en 1855, au cours de fouilles opérées sans but précis. Son état naturellement laissait à désirer, et il a fallu redresser le métal par trop aplati. Mais, en dehors de cela, la pièce est telle que le xvi" siècle l'avait conçue, et l'on n'a fait que reproduire la dorure dont la trace existait à l'intérieur, aussi bien que sur les ornements du pied et ceux de la panse. Très probablement, au moment de son ensevelissement, cette belle aiguière ne comptait guère plus d'une quinzaine d'années. Tous les ornements, finement exécutés, rappellent le milieu du règne de Henri IL

■V Pot a iîikiu:, cristal de roche, monture en bronze ciselé et doré, seconde moitié du xvi' siècle. — Hauteur : 0,17; diamètre inférieur : 0,12. — M. Alfred Marne, à Tours.

Pièce de très grande valeur, qui semble d'origine française. En arrière du couvercle, au droit de l'anse, se dresse un écusson dont le chevronné manque de précision. Les bandes verticales, au nombre de quatre, sont relevées de figures en relief, représentant un homme debout entre deux masques de fantaisie. Quant aux cercles assez larges, en haut et en bas, ils ne se distinguent guère que par des ornements géométriques. La grande plaque ronde, en dessous, est traitée de la même manière, de sorte que, si l'on tient compte de la décoration un peu compliquée de l'anse, nous sommes certainement au temps de Charles IX.

4° Hausse-col, argent repoussé, première moitié du xvii" siècle. — Hauteur: 0,13. — M. Bucquet, à Bléré.

Nous sommes en présence d'un hausse-col de parade. Le fer noirci ou l'acier poli, qui étaient généralement en usage, ont fait place à de l'argent repoussé. Si la garniture de velours bleu clair, sur laquelle se détachait primitivement cette belle pièce, existait encore, son effet décoratif ne laisserait rien à désirer.

Le médaillon, au centre, figure un cavalier armé de la lance, qui charge l'ennemi en fuite. Sur le sol, un fantassin est renversé. Beau mouvement, très fine exécution. Les deux plaques, à droite et à gauche, sont découpées, en sorte que rinceaux et trophées laissent apparaître entre eux un fond de cuivre jaune.

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