‹ Album de l'exposition rétrospective de ToursChapitre 79 sur 104 · M. DRAKE DEL CASÏILLO, CHATEAU DE CANDÉ · texte numérisé non relu

M. DRAKE DEL CASÏILLO, CHATEAU DE CANDÉ

La signature qui figure quatre fois au revers incolore de cette belle plaque est le P surmonté d'une couronne et muni, à la partie inférieure, d'une barre horizontale formant un L. Cette marque est celle de Nardon Pénicaud [Nardon, diminutif de Léonard); mais elle a été employée, sans aucune modification, par Jean I", Jean II et Jean III Pénicaud. Il serait donc assez difficile, sur ce simple monogramme, de déterminer celui de ces quatre artistes auquel nous devons faire honneur de la pièce que nous reproduisons.

Nous écarterons tout d'abord Nardon. Cet artiste, qui vivait dans la seconde moitié du xv" siècle et au commencement du xvi% est antérieur à notre émail, dont le style accuse la seconde moitié du xvi° siècle. D'autre part, nous ne retrouvons ici, ni cet emploi des gouttelettes d'émail sur paillons, ni ces rehauts d'or, ni ces chairs fortement saumonnées, qui caractérisent sa manière.

Jean r"", qui mourut en 1588, et Jean II, dont on connaît les œuvres dès 1539, et qui vécut lui aussi dans la seconde moitié du xvf siècle, avaient l'habitude de travailler d'après des gravures d'Etienne Delaune , de Thomas de Leu et de divers artistes allemands et italiens. Jean III, au contraire, qui apparaît sous Henri III et sous Henri IV, faisait lui-même les dessins des émaux qu'il exécutait. L'élégance de ses figures et de ses draperies, l'éclat de son émail, sont connus, et il n'est guère possible d'attribuer à un autre qu'à lui cette Crucifixion, aussi remarquable par la beauté du dessin que par la richesse de la couleur.

Les tons qui dominent sont un bleu lapis très intense et un brun mordoré très brillant. On y trouve aussi le bleu paon et le vert. Les corps du Christ, des larrons et des chevaux, sont admirablement modelés en blanc.

EXPOSITION DE TOUR^S

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