‹ Album de l'exposition rétrospective de ToursChapitre 94 sur 104 · M. BOULLAY, A SAINT-SYMPHORIEN · texte numérisé non relu

M. BOULLAY, A SAINT-SYMPHORIEN

Décrivons d'abord la tapisserie sous nos yeux ; nous verrons ensuite quelle signification on peut donner au sujet représenté.

Au centre, sur une sorte de trône qui, suivant ce qu'indique au-dessus du dossier un amour armé d'un glaive, sert à rendre la justice, est assise une femme en riche costume. Devant elle, un jeune homme, tête nue et à moitié incliné, présente un placet, dont la teneur est sans doute connue de l'entourage, si l'on en juge par la curiosité avec laquelle chacun attend la réponse qui sera faite. En arrière, quelques groupes, engagés dans de longues conversations, ne semblent pas indifférents, et des chasseurs, à droite, en arrivent même jusqu'à oublier momentanément l'objet de leurs ébats.

Evidemment il s'agit d'une requête importante adressée à la souveraine d'un pays que nous ignorons, mais qui doit être cherché dans les provinces du Nord, en Flandre ou en Hainaut. Du reste, une seconde tapisserie, appartenant également à M. Boullay, contribue quelque peu à éclaircir le mystère, car on y voit la même grande dame, non plus sur un trône cette fois, mais entourée cependant d'une cour brillante et nombreuse, qui tend la main à un vieillard incliné devant elle. Nous devinons dès lors un feudataire révolté, à qui sa grâce vient d'être accordée, par suite des démarches dont son fils a pris l'initiative. Les deux tapisseries se complètent et s'expliquent l'une l'autre, pour ainsi dire, tout naturellement.

Nous n'avons pas parlé de l'arrangement des groupes, qui sont admirablement pondérés, surtout au premier plan. L'auteur du carton a fait preuve d'un véritable talent de composition , et c'est tout au plus si on peut lui reprocher de n'avoir pas assez tenu compte de l'éloignement de certains personnages. Quant au dessin, il laisse peu de chose à désirer, et plusieurs figures sont même pleines d'expression.

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