‹ Album de l'exposition rétrospective de ToursChapitre 98 sur 104 · M. SIEGFRIED, A LANGEAIS · texte numérisé non relu

M. SIEGFRIED, A LANGEAIS

Dans une note qui accompagne l'un des derniers chapitres de son Histoire des maires de Tours, Benoît de la Grandière parle de huit pièces de tapisseries, sorties de l'atelier de Jean Duval, et figurant des scènes de l'histoire de saint Saturnin, qui existaient encore dans l'église de ce nom en 1780. Mais la révolution peu après fit disparaître cette magnifique tenture, due à la générosité d'un illustre paroissien, Jacques de Beaune-Semblançay, surintendant des finances. On la croyait même tout entière perdue, lorsque, il y a une trentaine d'années, trois des pièces les plus importantes, celles qui représentaient : Saint Saturnin reçu parmi les disciples du Christ; Saint Saturnin envoyé dans les Gaules prêcher l'Evangile, et Saint Saturnin martyrisé à Toulouse, se retrouvèrent entre les mains d'un brocanteur, qui les offrit moyennant une somme insignifiante, six cents francs, dit-on, à la nouvelle église Saint- Saturnin , autrefois chapelle des Carmes. Le conseil de fabrique, composé de gens éminemment économes des deniers qui leur étaient confiés , refusa , et les trois tapisseries , portées alors à Angers , furent acquises à un prix plus élevé par le chapitre de la cathédrale. Les personnes qui ont visité l'exposition rétrospective de 1873 n'ont certainement pas oublié ces belles pièces, généreusement prêtées pour la circonstance, et dont la reproduction en photoglyptie figure dans l'album publié par nos soins. (Pl. lx, lxi et lxii.)

Mais qu'était devenu le reste de la série? On l'ignorait, lorsque le hasard fit découvrir au printemps dernier, chez un tapissier de la rue de Vaugirard, à Paris, justement la pièce qui précédait celle indiquée tout à l'heure en premier lieu. Comme on le suppose bien, l'Exposition étant sur le point de s'ouvrir, nous nous empressâmes de solliciter un envoi dont tout le monde profiterait, sans compter qu'un amateur local pouvait se laisser tenter, et la Touraine, ce qui est arrivé, rentrer de la sorte en possession d'un si précieux trésor.

Au centre de la composition, sous un arbre aux rameaux touffus, saint Jean- Baptiste , dans son costume légendaire , est occupé à prêcher devant de nombreux auditeurs, les uns assis, les autres debout, parmi lesquels saint Saturnin se reconnaîtrait à son auréole quand bien même , dans la bordure de son vêtement , à la suite

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