AIN-KAREM
45. — LE SANCTUAIRE DE LA VISITATION. — Nous avons déjà indiqué, dans la légende précédente, le Sanctuaire de la Visitation. Anciennement une église avait été élevée au lieu de la Visitation ; et d'après les Ecrivains du moyen âge, c'est sainte Hélène qui aurait fondé cette église. Tout récemment, des Etudes savantes sur ce vénérable Sanctuaire donnent la conclusion suivante : " On peut donc dire, sans crainte de se tromper, qu'après Bethléem, Aïn- Kârem peut se glorifier de posséder un des rares Sanctuaires du ive siècle qui aient laissé quelques vestiges de leur construction première. " ( Voir le savant ouvrage : La patrie de saint Jean Baptiste, par le R. P. Barnabe, O. F. M. Paris 1904 ).
L'ancien Sanctuaire était depuis longtemps déjà en ruine, et ce n'est qu'en 1679, après des efforts persistants, que les Pères de Terre-Sainte réussirent à acquérir définitivement ces précieuses ruines de la Visitation, sans obtenir pourtant l'autorisation de relever l'église. On dut se contenter de restaurer du mieux que l'on put la chapelle intérieure où, depuis, l'on chanta chaque samedi la messe de la Vierge Immaculée. Le 21 février 1860, cette chapelle fut à son tour renversée à la suite de pluies torrentielles. L'année suivante, les Frères-Mineurs la firent restaurer, après avoir entrepris un sérieux déblaiement qui permit de se rendre bien compte de l'antiquité de l'édifice.
Un précieux Souvenir. — En entrant dans la chapelle actuelle, on remarque à droite et vers le milieu de la paroi, la niche contenant le Rocher de remprcinte du corps du petit saint Jean Baptiste.
Tandis que les soldats d'Hérode cherchaient les enfants pour les massacrer (au massacre des Saints Innocents), sainte Elisabeth s'enfuit vers la montagne et cacha le Précurseur du Messie en le déposant sur un rocher qui s'amollit comme de la cire, pour le recevoir. La niche dans laquelle est placée la pierre a été restaurée en même temps que la chapelle; elle est entourée d'un cadre en bois qui porte en lettres d'or l'inscription suivante: " Dum infantes ab iniquo Herode mactabantur, Elisabeth in hac rupc abscondisse filiwn suum Joanncm continua tenet traditio. " Traduction : Tandis que les petits enfants étaient immolés par le cruel Hérode, Elisabeth cacha dans ce rocher son jeune enfant, Jean,^ainsijque nous l'apprend une constante tradition, "