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QUELQUES DATES DE L’HISTOIRE DE LA MISSION

En attendant la publication d’une histoire suivie de notre mission, œuvre intéressante confiée au talent sympathique d’un ancien missionnaire de Nouvelle-Bretagne et de Nouvelle-Guinée, le R. P. Fernand Hartzer, l’auteur de l’intéressante brochure : Cinq ans parmi les sauvages , aujourd’hui épuisée, et de nombreuses relations insérées aux Missions catholiques, nous croyons satisfaire au désir d’un grand nombre de nos bienfaiteurs et de nos amis en leur offrant, groupés pour la première fois dans l’ordre chronologique, les principaux événements qui se sont succédé depuis l’origine de notre apostolat en Océanie, et particulièrement en Nouvelle- Guinée. On aura ainsi, sans grande dépense d’attention, un tableau fidèle, ou plutôt une perspective assez juste de la vie de notre mission.

1881. Le v 4 juin , en la fêle du Sacré-Cœur de Jésus. — Sa Sainteté Léon XIII confie à la Société des

missionnaires du Sacré-Cœur les vicariats apostoliques de la Mélanésie et de la Micronésie, abandonnés depuis septembre i85q, date de la mort du Père Mazzuconi, de la Congrégation de Milan, tombé sous la hache des indigènes de Woodlark.

Le dimanche ieT septembre. — Départ des premiers missionnaires, les Pères Durin, Navarre et Cramaille, pour la Nouvelle-Bretagne.

(Le Frère Fromm, aujourd’hui prêtre, et missionnaire en Nouvelle-Bretagne, faisait partie de cette première caravane. )

1884. Le 24 octobre. — Le Père Navarre, supérieur de la mission de Nouvelle-Bretagne, accompagné du Père Hartzer, s’établit à Thursday-lsland (dans le détroit de Torrès), où, d’après les instructions de la Propagande, il doit préparer une expédition apostolique en Nouvelle-Guinée.

1885. Avril. — S. Ém. le cardinal Moran, archevêque de Sydney, désireux de contribuer au succès de nos missionnaires en leur assurant une maison de repos, en même temps qu’un centre de ravitaillement dans la capitale de l’Australie, fonde à Sydney une procure générale pour toutes nos missions d’Océanie, et confie à nos Pères de la procure les paroisses de Botany-Bay et de Randwick.

Le Ier juillet. — Le Père Verjus, monté sur le Pius (autrefois le Gordon ) et accompagné des deux frères Salvatore Gasbarra et Nicolas Marconi, aborde en Nouvelle-Guinée après une traversée aussi pleine d’audace que de périls; — il jette l’ancre dans la baie qui s’ouvre au sud de l’île Yule, et lui donne, en l’honneur de Léon XIII, le nom de Port-Léon; descendant sur le rivage, il est reçu par le chef Raouma.

Le 4 juillet (en la fête de saint Irénée). — Le Père Verjus célèbre sa première messe en Nouvelle-Guinée, au sommet de la petite colline qui domine Port-Léon.

1886. Février. — Second voyage du Père Verjus à Yule, après son retour forcé à Thursday-Island.

Le 5 mai. — Le Père Navarre, supérieur de la Mission, rejoint à Yule son jeune et héroïque compagnon.

1886. Décembre. — Le Père Verjus, explorant la baie de Hall Sound, découvre un nouveau fleuve qu’il nomme le Saint-Joseph. C’est la route offerte par la Providence vers les villages de l’intérieur.

1887. Le ij mai. — Le Père Navarre est nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-Guinée et préconisé évêque titulaire de Pentacomie.

Le ij mai (et les jours suivants). — - Le Père Verjus et le Père Couppée accomplissent un premier voyage au district de Mekeo, jusque-là inconnu, et visitent tous les villages depuis Inawabui jusqu’à Beipaà.

Le 3o novembre. — Mgr Louis-André Navarre, vicaire apostolique de la Nouvelle-Guinée, est sacré par Mgr Marchai, archevêque de Bourges, dans l’église de Saint-Cyr, à Issoudun,

1888. Le 3 novembre. — Rentrée solennelle de Mgr Navarre dans son vicariat.

1889. Le 2 g janvier. — Établissement de la première station dans la grande terre, au village de Mohu, sous le vocable de Saint-Joseph. Le Père Hartzer en est le premier missionnaire.

Le j avril. — Le Père Verjus, âgé de vingt-neuf ans, est nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-Bretagne, et préconisé évêque titulaire de Limyre.

Le 22 septembre (en la fête de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs). — Mgr Henri Verjus, que la Providence retient contre toute prévision en Nouvelle-Guinée, est donné pour coadjuteur à Mgr Navarre, et sacré par lui dans l’église de Port-Léon, en présence de ses chers sauvages.

1889. Octobre. — Mgr Verjus fonde la station de Sainte-Marie d’Inawi, premier établissement de la Mission dans le district de Mekeo, et en confie la direction au Père Vitale.

N. B. — Dans l’espace de moins d’une année (de janvier à octobre 1880), le Père Verjus a déployé une activité incroyable. Il a réussi à fonder huit stations, si bien qu'en comptant la station mère de Port-Léon, Sainte- Marie d’Inawi arrive la dixième. « Nous avons, écrit le cher évêque, la station de Port-Léon, la station de Saint-Joseph de Mohu, qui prospère entre les mains du Père Toublanc. Notre troisième station est Saint-Jean de Pinupaka. Le frère Georges tient la quatrième et la cinquième station; à lui seul il a deux villages : Saint- Georges d’Abiara et l’immaculée de Bereina. Le frère de Pinupaka dessert aussi notre sixième station, au village de Saint-Jules de Rapa. Le frère Stanislas tient magistralement notre septième station, Saint-Henry de Babiko. Quant à notre huitième et neuvième station, Saint-Louis de Bioto et Saint-Michel de Bahara, les églises-écoles y sont en construction. Mais voici la dixième station : Sainte-Marie d’Inawi; elle est confiée au zèle ardent du bon Père Vitale, qui a pour l’aider le fameux frère Salvatore, et, de plus, deux sœurs pour les écoles. »

1891. Novembre. — Pacification des villages d’Inawaïa, sur la rive gauche du Saint-Joseph, et fondation du village de Jesu-Baibua (la paix de Jésus) au bord du fleuve.

1892. Le 4 juillet . — ( En la fête de saint Irénée), anniversaire de sa première messe en Nouvelle-Guinée, célébrée sept ans auparavant, Mgr Verjus arrive à Marseille. Il vient rendre compte au Souverain Pontife des progrès accomplis dans la Mission, et demander des missionnaires et des ressources pour donner à son œuvre un plus vaste essor.

1892. 1 3 Novembre. ■ — (En la fête de saint Stanislas Kostka, son patron de choix), Mgr Verjus, évêque

de Limyre, rend à Dieu sa grande âme d’apôtre, à Oleggio (Italie), où il était né et avait été baptisé, trente-deux ans auparavant.

Consummatus in brevi, explevit tempora multa.

1893. Le 24 juin. — Arrivée à Yule de quatre jeunes missionnaires, dont trois diacres et un minoré, et de plusieurs frères coadjuteurs, sous la conduite du nouveau supérieur de la mission, le Père Genocchi.

1894. Le 22 février. — Arrivée à Yule de six nouveaux missionnaires, dont un prêtre et cinq minorés, et de nombreux frères coadjuteurs, sous la conduite de Mgr Navarre.

Le 24 février. — Ordination sacerdotale, à Yule-Island, de deux jeunes missionnaires, les Pères Coïtée et Bouellat. C’est la première ordination qui ait eu lieu en Nouvelle-Guinée.

Avril. — Établissement d’une nouvelle station, à Beipaà , le plus important village de la tribu de Mekeo, sous le vocable de saint Paul. Cette station est confiée à l’un des jeunes prêtres nouvellement ordonnés, le Père Bouellat.

1895. i3 mars. — Établissement de la mission à Aipeana , autre grand village de la tribu de Mekeo, à 2 kilomètres de Beipaà. Cette station est confiée au frère Andréas Caris, sous la direction du missionnaire de Beipaà.

Le bienheureux Pierre-Marie Chanel, premier martyr d’Océanie, est le patron de la nouvelle station.

1896. Janvier. ■ — • Établissement d’une station à Oriropetana (district de Mekeo), sur la rive gauche du Saint-Joseph. Cette station, confiée au Père Marie, est placée sous le patronage de saint François d’Assise.

Février. — Fondation de Vanuamaë (district de Pokao), sous l’invocation de saint François Xavier. Cette station, la première qui ait été établie dans Pokao, est confiée au Père de Rijke.

Avril. — Fondation, à Thursday-Island, d’un séminaire de catéchistes indigènes. Cette œuvre, d’une importance capitale pour le progrès de la mission, est confiée au Père Guis.

Juin. — Fondation d 'Inaivabui (district de Mekeo), à 4 kilomètres de la lagune nommée Oroï, l’une des branches de l’Éthel. Cette station, confiée au Père Hubert, est placée sous le patronage de saint François de Sales.

Le /er juillet. — Commémoration solennelle de l’arrivée de Mgr Verjus en Nouvelle-Guinée, en présence de tous les missionnaires et de tous les grands chefs. Erection d’une croix monumentale sur la colline où le Père Verjus célébra sa première messe. Ce jour est déclaré solennel et sera célébré chaque année comme une fête de famille par tous les missionnaires.

Le 26 juillet et les jours suivants. — Première visite de deux missionnaires, les Pères de Rijke et Jullien, à la tribu des montagnes nommée Uni-Uni (au nord-est de Pokao). Découverte de nombreux villages. Rencontre avec plus de cinq cents guerriers des montagnes au village de Bubuni. Découverte des rivières Kubuna , Veïda, Dilafafala , et Ibu, affluents de Y Aroa. Ces tribus nouvelles se montrent admirablement disposées à recevoir les instructions des missionnaires et demandent leur prochain établissement dans leurs montagnes.

Août. — Fondation d'Inaivaia , important village de la tribu de Mekeo, sur la rive gauche du Saint- Joseph, à trois kilomètres de Jesu Baibua. Cette station, placée sous le vocable de l’Annonciation de la bienheureuse Vierge Marie, est confiée au Père Coïtée.

Novembre. — Première visite aux villages de la tribu d'hiaùkina ( Kuipa , Piiinga , Amo-Amo , Waika , Inovacira , disséminés sur la rivière Biami et ses affluents), par les Pères Vitale, Karsleers et Jullien. Exploration de la rivière Biarn et de ses affluents : Maakunga , Maafaà , Ikapi , Akafaà et du lac d'Diapi.

La tribu d'Biaükina ne compte que de pauvres villages, pillés et dévastés par les sauvages de la côte (tribus d’Hohoru et de A'Iotu-Motu).

1897. Janvier. — Première visite à la tribu des montagnes nommée Hf/ù, au nord-est de Mekeo, par les Pères Vitale et Bouellat. Découverte des villages de Veifaà et de Vaîlope ; ces villages sont situés au nord du Boboleva ( mont Davidson ).

Le 8 février. — - Etablissement de la mission au village d 'Aura Mirié (district de W aima ), à 25 kilomètres au nord-ouest de Port-Léon. Cette fondation, qui pour la première fois nous met en contact avec les protestants, est placée sous la protection de saint Michel, et confiée au Père Guilbaud.

Le 2 g avril. — Fondation d' Amo-Amo (district de Mekeo), à 3 kilomètres au nord de Beipaà. Cette station est érigée sous le vocable du bienheureux Jean-Gabriel Perboyre, et confiée au frère Eraud sous la direction du Père de Beipaà.

1897. Du 2 août au /er septembre. — Exploration du cours supérieur du Saint-Joseph, jusqu’au confluent de YAdualla et de YAlabule par les Pères de Rijke, Hubert et Jullien. Reconnu la haute montagne située au nord-est du mont Yule, et qui jusqu’ici ne se trouve nommée ni indiquée sur aucune carte. Les sauvages l’appellent Umi-Manaia. Nous lui avons donné le nom de mont Sainte-Marie. C’est de là que vient le Saint-Joseph ( Alabule). Cette montagne paraît avoir une altitude de 4 3oo à 4 5oo mètres. A une autre montagne située au sud-est du mont Sainte-Marie, et que les sauvages désignent sous le nom

de Felumava , nous avons donné le nom de mont Léon , en l’honneur du Pape heureusement régnant.

Au cours de ce voyage les missionnaires ont visité pour la première fois, les villages d'Emene , Polikoïtu , Lolaka, Keakamana, ainsi que les groupes de Dinava, Inaiimaka, Vale , Deva-Deva , comprenant un ensemble d’environ quatre mille sauvages. Ces peuplades se sont montrées très bienveillantes envers les missionnaires, et désirent ardemment les voir se fixer dans leur pays.

Novembre. — Les sauvages d’Eboa , désireux de s’assurer la protection et l’amitié des missionnaires, viennent dresser leurs cases à deux kilomètres de notre station d’Inawaïa. Pour récompenser leur bonne volonté, on leur accorde un missionnaire, le frère Louis Antoine, chargé de les instruire sous la direction du Père Coïtée.

Nous voici arrivés au terme de l’année 1897. Si nous voulons avoir un tableau d’ensemble donnant l’état de la mission à cette date, avec le groupement des stations, la population des villages et le nombre des baptisés, nous avons à notre disposition un document officiel, signé de Mgr Navarre, vicaire apostolique de la Nouvelle-Guinée, et adressé par lui sous forme de rapport au Conseil central de l’œuvre de la Propagation de la foi. C’est un extrait de ce document que nous offrons ici à nos lecteurs.

Au ier janvier 1897, la mission de la Nouvelle-Guinée anglaise occupait 23 villages instruits, visités, christianisés par nos missionnaires.

De ce nombre, 8 stations centrales, ou résidences de Pères missionnaires, autour desquelles se groupent les stations secondaires, également placées sous leur surveillance, et objet d’une égale sollicitude.

Voici le tableau de nos stations, au ier janvier 1897 :

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