LEUR ACCLIMATATION DANS LES JARDINS
massifs d’arbres, choisissant autant que possible un sol et des conditions semblables a 1 endroit où je les avais récoltés. De la sorte j ai réussi à introduire chez moi plusieurs colonies d’Orchidées qui y prospèrent à ma grande joie. »
Enfin mentionnons les expériences faites à Munich par M. Würtenberger dont il nous donne un compte rendu dans un petit traité intitulé Unsere Heimischen Orchideen :
« Quoique les divers genres des Orchidées montrent généralement des exigences différentes sous le rapport du sol, on peut semer toutes les espèces dans une même composition, un mélange d’une partie de terreau de feuilles, d’une de sable et de deux de terre franche (Lehm). Il faut le faire au premier printemps, dans de petites caisses bien drainées, qui sont remplies de ce compost préalablement égalisé et tamisé. On presse alors la terre avec une planchette, puis on recouvre le tout d’une couche de 5 cm. de neige et c’est sur celle-ci qu’on répand la graine d’Orchidées; puis on transporte les caisses dans un emplacement où la neige fonde rapidement; après quoi on répand sur la surface du sol une légère couche de mousse hachée et l’on place sur la caisse une plaque de verre; enfin on transporte le semis sur couche chaude. Au bout de quelques semaines apparaissent les plantules; on enlève alors avec précautions la couche de mousse et l’on ombrage régulièrement. (Si 1 on procède à froid et qu’on laisse la semence comme elle le fait dans la nature cela prend un temps très long.) Dès qu on pourra saisir les plantules avec les brucelles, il faudra les repiquer dans d’autres caissettes et dans un mélange de terre semblable au premier. On accélère alors la croissance et le développement des plantules en plaçant les caisses sous couche chaude et au bout de quelques semaines on pourra les transplanter dans des plates-bandes spécialement aménagées. Il faut avoir soin de les transplanter en conservant une petite motte de terre et de les placer assez près les unes des autres pour qu elles se protègent mutuellement. On a constaté que les plantes d Orchis ainsi
élevées sont beaucoup plus saines que quand on les transplante de la nature. »
Les graines d’Orchidées terrestres sont très souvent stériles, et le seraient toujours sans la présence de bactéries qui aident à leur germination. M. Noël Bernard 1 a trouvé que des champignons spéciaux surgissent dans chaque semis pour lui aider à germer et à se développer.
Culture.
Il importe de se souvenir avant tout que la terre dans laquelle on cultive les Orchidées doit contenir le moins possible de matières organiques; si le sol du jardin est trop léger on peut y ajouter de la bonne terre franche. Il importe d’éviter la terre fumée que les Orchidées redoutent beaucoup.
Si l’on veut transporter des Orchidées de la nature chez soi, il faut attendre que la fleur ait passé et que le nouveau tubercule soit mûr. Si toutefois on veut essayer de les prendre pendant leur floraison il faut avoir soin d’emporter une forte motte de terre afin de conserver toutes les racines qui sont audessus du tubercule. Le plus grand nombre des Orchidées rustiques peuvent être cultivées dans les conditions suivantes :
1. En pleine terre; sol plutôt compact; maigre, si possible dans le gazon qui maintient la fraîcheur autour de leurs racines fasciculées. On peut aussi les planter dans les niches d’une rocaille, dans une plate-bande ou en pots, dans un compost composé d’un tiers de terreau de feuilles et de deux tiers de bonne terre franche en recouvrant le sol d’une couche de mousse ou de petits cailloux afin de lui conserver sa fraîcheur. Pour la culture en pots il importe de bien drainer.
2. La série des Sérapiadées qui comprend surtout les espèces du Midi et des sols légers exige un tout autre traitement. Sol léger, composé d’un tiers de terreau de feuilles, un
1 Noël Bernard. La culture des Orchidées dans ses rapports avec la symbiose.